Ils étaient aux pieds de la palissade et rien ne semblait avoir bougé depuis le moment où elle avait aidé l'homme à se lever pour la suivre. Elle jeta un rapide coup d'œil à Arthus, il était livide et sa bouche se tordait en un rictus de douleur mais il avait cessé de gémir après qu'elle l'ai menacé de l'abandonner.
"Le calme avant la tempête" songea-t-elle.
Le poids de l'homme sur son épaule commençait à la faire souffrir. Elina se dégagea sans douceur, provoquant une plainte à peine audible de la part du blessé qui s'adossa à la palissade du mieux qu'il pu.
Dans d'autres circonstances elle aurait été prise de pitié pour l'homme qui l'accompagnait, mais elle n'en avait plus la force. De toute manière il n'en avait éprouvé aucune envers elle dans la forêt quand il l'avait dépouillé de son bien le plus précieux. Elle frotta son épaule endolori et s'éloigna chercher l'entrée sans plus un regard pour Arthus.
Elina ne mis pas longtemps à atteindre l'entrée des fortifications. Le silence qui régnait dans ces lieux était étrange, presque irréel.
"Ohé !" Sa gorge était sèche et lui faisait mal.
"Ya quelqu'un ?" Ses cris ressemblaient plus aux plaintes d'une enfant geignarde qu'aux injonction d'une adulte.
"Ouvrez moi, je vous en prie !"
Elle frappa de ses poings contre les deux battants qui s'obstinaient à rester clos. Elina sentait la vie de l'autre coté, elle pouvait imaginer les corps prostrés dans l'attente que ses cris cessent. Elle entendait les bruits furtifs de leur vie silencieuse. Mais rien. Découragée, elle se résigna à faire demi tours.
"Attend !"
L'homme qui l'interpelait devait être perché sur une échelle car il était visible malgré la palissade. Il était vêtu d'une simple bure rouge et la capuche relevée ne laissait pas voir son visage.
"Tu es femme, aussi te laissons nous la vie sauve. Retourne d'où tu viens et emporte ton imprudent. Peut-être retiendra-t-il la leçon qui aura couté la vie de ses compagnons : quiconque défie les enfants de Kech'er se voit transpercé en retour."
La jeune femme avait soif et ses pensées étaient de plus en plus désordonnées. Il fallait qu'elle se concentre sur chacun de ses gestes pour avoir une chance de survivre. Pour rejoindre l'homme qui dépendait d'elle maintenant.
"Ashaya..." Ses prières n'étaient que murmures dans l'immensité du désert de pierres. Elles se heurtaient à la palissade que la jeune femme longeait maintenant en sens inverse.
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