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Ce blog et l'histoire sont migrés vers ici :


http://meianki.free.fr/mellis-melau/

Vous bénéficierez de la possibilité de lire l'histoire dans le bon sens. Nous continuerons à écrire ici un temps, mais uniquement pour ne pas vous dépayser trop vite.

Merci à Meianki pour la réalisation du site.

Enjoy !

mardi 30 juin 2009

"Gaby... tschhhh...



« Gaby.. tschhhh.. Levez vous. »
« Grmbleuh ? »
« Debout, je dois vous parler. »
« Ma Reine... »
« Levez-vous vous dis-je ! »

Le vieil homme avait visiblement du mal à reprendre pied avec la réalité. Agacée, la Reine se détourna de l'homme et fit quelques pas rapides à travers la vaste pièce silencieuse. Sans prendre la peine de vérifier s'il la suivait ou non elle entreprit d'écarter un à un les voiles qui obstruaient son passage et sa vue. Elle voulait le voir seul, à l'écart d'oreilles éventuelles qui pourrait aisément se dissimuler derrière les pans de tissus définissants les différentes alcôves. Quelques bougies étaient encore allumées et animaient les voilages d'ombres improbables, elle suffisaient tout juste à éclairer le passage de Dame Tyumpur. Dans son dos, la noble dame sentait le souffle léger du marin et les bruits étouffés de son pas pesant la rassurait.
Quand elle se trouva enfin à l'air libre, sous les lunes pleines, le sentiment d'être oppressée s'apaisa. Elle s'éloigna encore d'une centaine de mètres et s'immobilisa sous le ciel sans étoiles, se composant un visage ferme et sévère dans l'espoir de laisser une forte impression au vieil homme.

« Ma Reine ? Gaby se tenait devant elle, la visage penché en signe de respect.
« Il faut que nous parlions. »
Et pendant de longues minutes ils échangèrent pour tenter de comprendre ce qui leur arrivait. D'abord très formel, Gaby se contentait de répondre aux inquisitions de la Reine par des phrases concises, tournées du mieux possible et pleines des marques de respect dûs à son sang royal. Dame Tyumpur, bien que consciente des efforts du vieil homme pour ne pas lui déplaire s'agaçait de ces tournures alambiquées et s'impatientait. Ils perdaient un temps précieux. Elle laissa tomber son masque et son langage de Reine et s'autorisa à parler plus librement, sans l'amas de codes qui auraient du régir leurs rapports en temps normal. Après tout plus rien était normal depuis qu'elle avait atterri ici par Ashaya ! Gaby saisit le message et la conversation pris une tournure de plus en plus franche, sur un ton d'égal à égal bien qu'emprunt d'un respect mutuel. Là ou le doute prévalait quelques heures auparavant, la confiance s'instaurait progressivement. Ils étaient du même monde et ils étaient animés par la même volonté : rentrer chez eux par tous les moyens.

Les deux ombres s'étaient assises sur l'herbe tendre, face aux plaines infinies sur proposition de Dame tyumpur, pour parler plus à leurs aise. C'est alors que la Reine sentie qu'on tirait sur l'arrière de sa robe.
« Je n'arrive pas à dormir toute seul... » La petite Piou la regardait de ses grand yeux bleus et dans un geste maternel la femme ouvrit ses bras.

vendredi 26 juin 2009

Elina serra sa besace...



Elina serra sa besace contre sa poitrine.

« Je n'ai rien, rien de précieux! Je... je suis à la recherche de ma fille, laissez moi partir, je vous en prie, s'il vous plaît... »

Malgré tous ses efforts pour rester digne, elle ne pû empêcher sa voix de trembler un peu. L'homme baissa son arc et pencha la tête en faisant signe aux autres de faire de même.

« Jettez votre sac loin devant vous.

- S'il vous plaît, je n'ai que du pain de route et quelques vêtements...

- Je viens de vous dire de jetter votre sac ! »

Elina sursauta quand l'homme haussa le ton. Elle jeta son sac aussi loin qu'elle pû, le jeune homme n'eut qu'à faire quelques pas pour le ramasser. Elle pensa derechef aux taillis dans lesquels elle aurait pu se faufiler, mais aussitôt l'homme chauve lui lança sans détourner son attention du sac dans lequel il fouillait :

« N'y pensez même pas. Dès lors que vous quittez le sentier vous rentrez sur le territoire des Gobelins Sylvestres, et contrairement à nous...ils sont anthropophages. »

Il redressa la tête et sourit largement.

« Effectivement, il n'y a rien dans ce sac, dit-il en lançant la besace vers Elina. En revanche, j'accepte volontiers de vous décharger de ce médaillon qui ne fait qu'alourdir votre jolie gorge d'un poids superflu. »

Elina cessa de respirer.

« Donnez moi ce médaillon et nous vous laissons repartir.

- Si c'est pas malheureux de dépouiller des bonnes femmes comme ça... jeta un des brigands en crachant dans les taillis.

- C'est mon seul bien, je le tiens de ma mère, laissez le moi, je vous en prie! Supplia Elina en sautant sur l'occasion. Il ne vaut rien si ce n'est le prix que j'y attache!

- Ma petite dame, en vous aventurant dans cette forêt vous avez accepté de prendre le risque de tomber sur nous. Il faut maintenant en assumer les conséquences, donnez moi ce médaillon. »

La voix du jeune balafré était devenue froide et tranchante tandis qu'il jetait un regard irrité à son collègue. Elina se jeta à genoux.

« S'il vous plaît...

- Ca suffit maintenant ! Gronda le jeune homme en avançant sur elle. Ile se saisit du médaillon qu'Elina retenait, et l'arracha du cou de la jeune femme, lui arrachant un cri de douleur mêlé de désespoir. Voilà, allez, on s'en va. »

Et aussitôt dit, aussitôt fait. Les hommes se volatilisèrent avant même qu'Elina n'aie eu le temps de se remettre debout. Elle entendit uniquement cette dernière phrase désolée:

« ... on sait tous que c'est la crise, Arthus, mais ce que tu viens de faire, c'était plus de l'humiliation que du vol... cela ne t'apportera rien de plus, voire même beaucoup moins... »

mercredi 24 juin 2009

Sans qu'Elina puisse...



Sans qu'Elina puisse comprendre pourquoi, la présence de l'oiseau l'apaisait. Cela la rapprochait de sa petite fille disparue et qu'elle s'était promise de toujours protéger. Cette tâche revenait à Gaby désormais, et elle se rassura une nouvelle fois en se disant que le vieil homme préférerait sacrifier sa vie que de laisser quelque chose arriver à la fillette.
Piou. Cet être était toute sa vie, la seule chose dont elle était vraiment fière au fond d'elle. Elle n'avait pas eu une situation brillante, ni un foyer luxueux, et encore moins un mari aimant (le père de Piou l'ayant laissé dès la naissance de la petite), mais elle avait une fierté inébranlable envers sa fille. Elle avait toujours eu une solide foi en Ashaya, malgré les affres de sa vie précaire, et elle voyait la fillette comme le cadeau de la Déesse dans sa grande clémence. Elle était la douceur incarnée, tout en ayant un esprit suffisamment subtil pour grandir sans anicroche dans le monde des adultes qui était son environnement quotidien.

Elina se résigna à reprendre la route sans avoir pu prendre l'oiseau dans ses bras ou sur son épaule. Il était la première chose agréable qui arrivait à la jeune mère depuis le début de son voyage, et le laisser derrière elle la rendait morose. Cependant, après quelques mètres parcourus, elle s'aperçut qu'il la suivait, alternant le vol en dessous et au dessus de la voûte que formait les feuillages des arbres, et poussant de petits cris, parfois compréhensibles par l'oreille humaine. Ce volatile lui servait de compagnon de fortune, et elle en eut le coeur léger, car pour la première fois, elle entreprenait ce voyage comme une aventure, la mission qu'Ashaya lui avait confié dans le plus grand secret. Pour la première fois de sa vie, elle avait un rôle dans ce vaste Monde.



Plusieurs jours avaient passé et Elina se trouvait maintenant dans la Forêt Frontière, qui avait servi il y a plusieurs centaines d'années à séparer le Matriarcat de la Baie du jeune Royaume Lynellien, alors puissance montante en pleine expansion. Le Matriarcat, dirigé par une Assemblée composée uniquement de femmes (fait unique sur Gaïala) avait préféré s'intégrer naturellement au Royaume plutôt que de risquer une guerre qui aurait probablement anéanti toute leur culture. Le Royaume avait donc autorisé le Matriarcat à conserver son mode de fonctionnement, sous la forme d'une province du Royaume, qui jurerait loyauté et fidélité à ce dernier.
Elina connaissait vaguement l'histoire de sa région, car elle n'avait pas reçu l'instruction nécessaire, cependant elle connaissait le fonctionnement de l'Assemblée et tirait une grande fierté du fait que les femmes aient autant d'importance.

Elle avait emprunté quelques cartes au Prêtre d'Ashaya d'Escale pour assurer son voyage et il avait même pris le temps de tracer le chemin qu'elle devait suivre à même la carte. Il connaissait Elina depuis qu'elle avait l'âge de Piou et il savait fort bien que son activité de fille de joie lui avait été imposé par le Destin et en aucun cas il ne pouvait lui en tenir rigueur.
La jeune femme avait plusieurs fois du rebrousser chemin pour prendre une nouvelle route car sa connaissance des cartes était bien faible. Elle avançait ainsi très lentement et désespérait de voir un jour la fin de son périple, et elle savait pertinemment qu'elle augmentait par la même occasion la probabilité de faire une rencontre malheureuse. Lynellis avait beau être pacifiée, il restait ça et là quelques brigands qui peuplaient, au même titre que les Gobelins Sylvestres, la plus grande forêt du Royaume.

Le chemin qu'elle empruntait était très sombre, les arbres au dessus d'elle possédant un feuillage consituant un toit très épais qui laissait passer très peu la lumière, mais elle put remarquer bientôt l'aboutissement de ce tunnel alors qu'un halo lumineux se distinguait maintenant nettement au bout du chemin. Elle avait enfin trouvé la clairière indiquée sur sa carte.
La joie d'avoir enfin trouvé cette clairière se mêlait au soulagement car elle devait trouver à cet endroit un cours d'eau qui lui permettrait de remplir ses gourdes, presque toutes vides.

Mais, alors qu'elle se dirigeait d'un pas pressé vers l'extrémité du chemin, trois formes noires se détachèrent soudain du halo, bloquant l'issu. Elina, apeurée, se retourna avec l'intention de courir mais elle remarqua que trois autre personnes s'étaient mises en travers du chemin, l'empêchant de fuir, sauf en empruntant la forêt. Elle considéra cette option en jetant un oeil vers la masse sombre des troncs d'arbres serrés mais une voix grave et forte s'éleva du groupe situé à l'orée de la clairière :

" Je ne ferais pas ça si j'étais vous ... "

L'homme sortit du halo, permettant à Elina de le voir plus distinctement.
Un jeune homme chauve, avec une immense cicatrice sur le visage pointait un arc vers elle. Elle ne pouvait plus fuir désormais.

lundi 22 juin 2009

Elle se sentait épiée...



Elle se sentait épiée. Depuis la veille, la sensation d'être suivie ne la quittait pas. Elina était sans cesse sur ses gardes et son état de vigilance extrême la fatiguait. Encore une fois elle se retourna d'un mouvement vif mais ne perçut rien d'autre que la brise chaude qui faisait chanter les feuilles. Quelques arbres s'agitaient doucement près de la rivière que longeait le sentier. Un écureuil traversa le chemin rapidement puis tout redevint calme. Elle avait chaud.
« Je suis fatiguée, il faut que je me ressaisisse. »

La jeune femme laissa glisser sa besace à terre, posa son baluchon de voyage et se laissa tomber lourdement sur l'herbe en bord de route. La chaleur était écrasante, elle n'en pouvait plus, mais elle savait que c'était une chance que le ciel reste dégagé si longtemps. Elle n'avait pas rencontré âme qui vive depuis qu'elle avait quitté les abords de sa petite bourgade il y a quelques jours.. Et pour cause ! En cette période de l'année, le temps sec et étouffant pouvait subitement devenir violement orageux. Les éclairs qui brisaient le ciel de manière intempestive étaient réputés dans toute la contrée pour leur férocité. Nombre de marchands avaient perdu leur cargaison en voulant braver les cieux et seuls quelques téméraires empruntaient encore les routes et les eaux de la région en cette période sombre de l'année. Le nombre de récits dûs aux ravages causés par cette guerre des Dieux de la Terre et du Ciel étaient tels que les habitant de la Baie Dorée avait coutume de nomer cette saison la "lune cahotique". Elina priaient Ashaya de lui épargner les déluges et jusqu'à présent la Déesse l'avait entendu. Jamais elle ne s'était aventuré si loin de chez elle et l'aventure entreprise l'effrayait, mais Elina préférait de loin tenter le destin plutôt qu'attendre patiemment que sa petite lui revienne. Elle déchira un morceau de galette et le tripota un moment nerveusement avant de se résoudre à le manger. De toute manière elle n'était bonne à rien avec cette aiguille de douleur fichée dans le cœur alors quitte à ressasser ses inquiétudes de mère...

Elle se releva vivement. On la fixait. Quelque chose l'épiait elle en était certaine.
« Par Ashaya ! Qui que vous soyez je sais que vous êtes là ! »
Elina avait beau scruter les alentours elle ne voyait rien d'étrange ou de menaçant mais le sentiment d'être observé persistait.
Elle sentie une petite masse s'abattre sur son épaule. « Piou. Piou ?! »
Faisant volte face, la jeune femme effraya l'oiseau qui s'envola dans un battement d'ailes.
« Piou. Booooonjouuuuur ! »
Un oiseau ?! Elle laissa échapper un petit rire nerveux. C'était donc ça qui l'effrayait depuis des heures ? L'animal s'était posé à quelques distances de la femme et la fixait de ses yeux éclatants. Bouche bée, la jeune femme le contemplait.
« Tu parles bel oiseau... Bonjour ? Piou ? Saurais-tu quelque chose ? ».
Elle tendit les mains dans l'espoir qu'il vienne s'y percher mais le volatile ne semblait pas vouloir s'approcher. Elina l'observait avec curiosité. Il lui semblait n'avoir jamais vu aussi jolie créature et pourtant l'oiseau lui semblait familier. Il était magnifique avec sa parure aux milles tons bleus et les mouchetures plus foncées ornant sa gorge qui lui donnaient une allure princière. Il la fixait de son regard profond ou elle ne décelait aucune animosité.
« Piou. Piou ? »
Et soudain elle comprit.
« Le piaf de Gaby ! »

Elina Davaya

Elina Davaya

Elina Davaya est une jolie jeune femme d'une vingtaine d'année. Mère de Pioucellinacena (Piou), elle a vivait et élevait sa fille à Escale, sur les berges de la Baie Dorée dans le royaume de Lynellis.

Pour subvenir à leurs besoins, elle travaillait dans une taverne, sur le port, comme serveuse la journée et femme de passe la nuit. Elle a quitté la ville pour partir à la recherche de sa fille qui a disparu le même jour que le départ précipité et mystérieux de Gaby, un vieil ami. Elle suppose que sa petite fille est partie avec lui, mais pourquoi ?

Elina est très croyante et voue un culte particulier à Ashaya, la Déesse de l'Harmonie. Elle avait prévu de confier sa fille comme novice au monastère d'Ashaya pour que les moines l'éduquent dans la foi et la protégent d'une vie de débauche.

Elina a des visions en rêve de sa fille et de ses compagnons dans leur quête. Elle les interprète comme des message qu'Ashaya, dans sa grande bonté, lui enverait.

dimanche 21 juin 2009

Lorsqu'il atteint la porte...



Lorsqu'il atteint la porte ouest de la cité quelques heures plus tard -il s'était arrêté un instant pour soulager ses chevilles mises à mal par la descente abrupte- son ébahissement n'avait eu de cesse de croître tandis qu'il distinguait de mieux en mieux les remparts. La porte était une somptueuse oeuvre d'art, immense et magnifiquement ouvragée, d'un noir intense et brillant que réhaussaient ça et là quelques tâches de blanc. En bas de la porte s'ouvrait un encadrement de la taille d'un chariot devant laquelle une dizaine de personnes et de roulottes attendaient le bon vouloir d'un garde qui filtrait les arrivants.

Wilyamas prit son tour derrière un couple assez âgé qui discutait avec animation et en profita pour admirer la porte. Ce qui semblait de la pierre noire et luisante au premier abord s'avérait être en réalité du bois d'ébène ouvragé par un artiste hors pair. Lorsque le jeune elfe levait la tête, il avait l'impression de revenir à toutes ces dernières nuits qu'il avait passé au coin du feu sous le dôme scintillant des étoiles, lorsqu'il était en haut des pics, là où il n'avait jamais vu de sa vie autant de constellations. Sous cette nuit magnifique qu'éclairaient deux Lunes en croissant aux pointes effilées, on distinguait les contours de corps, de tours et d'êtres difformes qui semblaient être seulement des ombres dans la nuit noire. Les yeux blancs de chaque visage suspicieux étaient tournés vers le bas, vers les nouveaux arrivants à Aesir. Alors que la file avançait, Wilyamas avait l'impression que l'une des créatures le regardait avec plus d'attention que les autres personnages de la porte. C'était une sorte de chimère, mi-serpent mi-hirondelle, qui était perchée sur l'épaule d'un elfe qui ouvrait les bras en signe d'accueil. Dès lors que le jeune elfe eut remarqué ce détail troublant, il ne pû s'empêcher de se sentir oppressé. Lorsqu'il détournait le regard de la créature, il la percevait encore en coin de son champs de vision. Finalement, il se sentit soulagé uniquement quand le garde le harangua enfin.
« Eyh, petit. C'est ton tour, approche. »
Wilyamas fit ce qu'il lui demandait et salua fébrilement le grand elfe de la tête, ainsi que son binôme qui se taisait et restait vigilant, mais souriant, un morceau de papyrus et un fusain en main. Des Elfes ! Comme lui ! Il ne pû s'empêcher de sourire largement, ne pouvant retenir son émotion. Ils étaient bien plus grands que lui, et tellement impressionants... ils arboraient une tenue noire comme la nuit qui faisait ressortir leur teint pâle et les faisait presque rayonner sur le fond de la porte. A leur flanc battait une épée d'arme soigneusement rangée dans son fourreau.

« Alors, comment t'appelles-tu petit?

- Wilyamas!

- Oh là, c'est pas de chez nous ça. Comment tu l'écris? »

Le jeune elfe épela son prénom avec soin pendant que le second garde le consignait sur sa feuille.

« Et que viens-tu faire à la cité d'Aesir?

- Je viens de Dalmu, près de Bastion du royaume de Lynellis loin au Sud, et je viens à Aesir pour y trouver ma place parmi les miens! Fit Wilyamas en retenant à grand-peine sa voix de trembler tant l'objectif de son exode avait été long et dur à atteindre.

- Et bien, trouve donc ta place parmi nous, jeune frère. Qu'Aesir sache te procurer le foyer que tu n'as jamais eu ! »

Les gardes lui sourièrent gentiment en lui cédant le passage, et Wilyamas posa le pied sur l'utlime terre des Elfes en ayant l'impression que son coeur allait exploser.

jeudi 18 juin 2009

Æsir. La cité...



Æsir. La cité mythique des elfes noirs. La ville aux Milles Tours. Elle était enfin en vue, son périple était finalement arrivé à son terme.
Wilyamas, elfe noir exilé, du haut de la Montagne Igdrasil, pouvait contempler la capitale dans son entier, et sa splendeur lui coupait le souffle (déjà mis à mal par la raréfaction de l'air). Elle était souvent décrite dans les livres qu'il avait pu lire en Lynellis, mais jamais il n'aurait pu imaginer le joyau d'architecture qu'elle était en réalité : loin d'être une légende, elle était en effet surmonté d'un nombre incalculable, à première vue, de tours, clochers, beffrois qui recouvraient la quasi-totalité de la ville. Et cet ensemble vertical était dominé par la Tour de Maneim, structure centrale qui s'élevait sans peine à plusieurs centaines de pas au dessus des autres bâtiments qui formaient des cercles concentriques autour de la Tour.

La ville immense était protégée par de hautes murailles noires, qui venaient trancher avec la Tour et les habitations immaculées de l'intérieur de la ville. Ces murailles, réputées indestructibles, avaient beaucoup servi à une certaine époque, lorsque les elfes noirs avaient du se défendre contre les nains et les hommes de la Confédération Zalhut, et, elles avaient permis à Æsir de devenir le dernier bastion de l'espèce, évitant l'extinction à ces êtres millénaires. La quasi-totalité elfes noirs de tout Gaïala vivaient dans cette cité coincée entre les montagnes et quasiment imprenable. Les rares autres elfes noirs vivaient soit en ermite, soit dans des villages humains, mais leur présence étaient très souvent mal perçue en raison de la vénération du peuple pour quelques Dieux du Chaos (ce qui leur avait valu le qualificatif d'elfes "noirs"), en qui ils voyaient un espoir de Liberté . Pour eux, la survie de leur peuple n'était due qu'à une intervention divine, celle d'Ethyamis, Dieu de la Connaissance, qui, selon la légende, aurait révélé dans son sommeil au Chaman Sayamani l'incantation permettant à leur enceinte d'acquérir une résistance hors du commun.

Wilyamas observait tous ces détails d'un oeil curieux, sachant très bien que toute une vie ne lui permettrait pas de saisir toutes les subtilités de la cité, à la fois merveilleusement pensée pour la Guerre mais également esthétiquement stupéfiante, presque éblouissante à la lueur du soleil à son zénith.
Lui qui était toujours resté cloîtré dans son petit village Lynellien de Dalmu, au sud de la ville fortifiée de Bastion, avait été de surprise en surprise durant les deux derniers mois de son expédition.

Orphelin de naissance, abandonné sur la route qui reliait Bastion à Dalmu, Wilyamas avait été recueilli par un jeune couple de fermier vivant à l'écart du village, et qui avait été attendri par le jeune elfe dont la présence à cet endroit restait un mystère pour tous. Après quelques années passées à la ferme, il avait souhaité se confronter à des individus de son âge mais avait été surpris par le rejet quasi-unanime de ces derniers. Ses parents d'adoption avaient beau le réconforter, il n'avait pas su trouver sa place dans ce monde, ou tout du moins dans ce pays.
Ses meilleurs amis restaient les ouvrages de la modeste bibliothèque du village, dans lesquels il avait pu lire et relire la légende de son peuple, lui permettant d'acquérir un semblant d'identité mais le marginalisant par la même occasion de plus en plus par rapport à ces humains qui le craignaient plus qu'ils ne le haïssaient.
C'est le coeur lourd que Wilyamas avait décidé de s'en aller, le jour de ses 17 ans, sans se retourner, ne laissant derrière lui qu'un mot à l'attention de ses parents, qui lui avaient tout donner. Souvent, pendant son périple, il s'était reproché sa lâcheté et son égoïsme, lui qui tournait le dos à des personnes qui l'avaient toujours chéri, malgré sa nature unique.
Cependant, alors qu'il parcourait les derniers kilomètres le séparant d'Æsir, descendant le sentier sinueux, il se força à oublier ses sentiments négatifs, car il allait enfin voir la terre de ses origines. Sa Maison.

Elina se réveilla...



Elina se réveilla en sursaut, « Piou ! Gaby, Gaby... ».
Elle transpirait abondamment dans la chaleur moite du grenier ou elle se réfugiait désormais au petit matin, après son travail de la nuit. Les fragrances de sa petite fille étaient encore perceptibles dans le tas de chiffons qui servaient de draps et elle dormait le visage enfouis dans ces petits vestiges de vie insouciante. La jeune femme étira ses membres endoloris et crispés, elle dormait mal depuis la disparition de la petite et chaque jour elle avait l'impression de se réveiller plus fatiguée que la veille. Elina se concentra pour tenter de rassembler les morceaux éparpillés d'un rêve fragile mais intense. Dans son sommeil agité, Ashaya lui parlait, elle en était certaine. « Éclairez moi ô grande Déesse de l'Harmonie, guidez moi à elle, rendez moi la vie je vous en prie... »

Un sommeil trop agité, une vie répétitive, un avenir terne... Sans sa fille, elle perdait goût à la vie et l'angoisse qui étreignait son cœur de mère l'empêchait de se concentrer sur les affaires de la vie courante. Son travail en pâtissait et la patronne, bien que compatissante et compréhensive, ne pouvait pas se permettre de perdre de la clientèle. Il fallait que Elina se reprenne en main, retrouve son joli sourire, ses airs aguichant, et mette de coté ses airs accablés qui faisaient fuir les marins. La maitresse du tripot ne pouvait pas continuer à entretenir une fille sans joie car la réputation de son établissement en pâtirait. La belle savait tout ça, elle en était consciente et elle aurait voulu pouvoir faire face, mais au diable les affaires, c'était de sa fille qu'il était question, SA FILLE !

Rapidement elle se leva, fit un brin de toilette, enfila ses vêtements du jour et sorti coté cours avec l'espoir de ne croiser personne. Elle voulait se promener du coté du promontoire pour réfléchir, pour tenter de comprendre où était son erreur. Piou était partie avec gaby, elle en était certaine. Mais pourquoi ? Pourquoi s'était-elle enfuie ? N'était-elle pas heureuse avec elle ? N'était-elle pas choyée ? Elina ne supportait plus le regard plein de pitié que les bonnes gens lui adressaient sans cesse depuis ce jour où...
« Qui sont ses êtres sombres Ashaya ? Qui est la femme majestueuse qui hante mes rêve et qui se prétend Reine ? Guide moi... »
En vain, les prières défilaient dans sa tête et les questions, toujours les mêmes, s'imposaient à la jeune femme. Qui était donc cette femme mystérieuse et tellement belle, tellement sage ? Quelle était cette contrée si particulière qu'elle voyait en rêve ? Ashaya lui parlait chaque nuit mais...

Perdue dans ses pensée, elle avait laissé ses pieds la mener jusqu'à la place centrale de la petite ville sans s'en rendre compte. Un attroupement relativement important s'était formé autours du Crieur qui donnait les nouvelles du pays et la petite foule semblait agitée. Lles gens parlaient fort entre eux et l'homme devait visiblement forcer sa voix pour se faire entendre. Intriguée par l'intérêt manifeste que les gens rassemblés portaient au discours de l'homme elle s'approcha malgré elle. La curiosité était plus forte que l'appréhension d'être jugée par les autres et les nouvelles du crieur semblaient d'importance.

« … et vous informe que quiconque serait en mesure d'apporter un renseignement permettant de retrouver notre chère Dame Tyumpur aurait l'honneur d'être reçu par notre bon Roi. La récompense sera à la mesure de l'enjeu. Oyé brave gens ! Notre Reine adorée a disparu dans de troubles circonstances, il est de notre devoir à tous de tout mettre en œuvre pour la retrouver. La dignité de notre Royaume en dépend !...
- … et qu'elle serait descendu dans son jardin pour méditer. Un homme noir serait apparu et l'aurait enlevé par les airs ! Sa Majesté le Roi doit être anéanti, une épouse si précieuse !
- … paraît que sa beauté ferait pâlir de jalousie l'seigneur d'Podymée. C'est y qu'y aurait une guerre...

Stupéfaite, Elina ne pouvait détacher son regard de l'homme porteur de la bouleversante nouvelle. La foule la pressait de toute part mais elle n'en avait cure. La femme du rêve... Une Dame si belle, si brillante. Mais bien sûr ! L'évidence de sa découverte était frappante et en un instant sa décision fut prise. Aussi surement qu'elle avait senti Piou grandir dans ses entrailles, elle sentait que les disparitions de sa fille et de la Reine étaient liées. Ashaya lui avait parlé, elle devait se rendre sur le champs au palais royal afin d'éclaircir le mystère de ces événements.

mercredi 17 juin 2009

Le Panthéon Gaïalien



A compléter au fil du récit !

Le Panthéon Gaïalien se subdivise entre trois camps d'égale importance : le Camp de l'Ordre, le Camp du Chaos et le Camp de la Neutralité.

Le Camp de l'Ordre :

Gouverné par Ashaya, grande Déesse de l'Harmonie, il regroupe l'ensemble des Dieux luttant pour qu'une cohésion reigne entre les créatures vivant à la surface du monde, assurant ainsi un avenir au long terme au monde de Gaïala.
Les valeurs défendues par cette coalition sont le Respect, l'Union et la Justice.

Liste des Dieux appartenant à ce camp (à l'époque du Récit) :
  • Ashaya, Déesse de l'Harmonie
  • ...

Le Camp du Chaos :

Gouverné par Kech'er (le "Dieu Dément" idéaliste, soutenant la liberté absolue pour les Hommes), il rassemble l'ensemble des Divinités luttant pour répandre la débâcle sur le monde, et/ou apporter une liberté totale à chaque être (les objectifs sont différents suivant les Dieux).
Les valeurs défendues par cette coalition sont l'Individualisme, l'Anarchie et la Liberté.

Liste des Dieux appartenant à ce camp (à l'époque du Récit) :

  • Kech'er, le "Dieu Dément" de la Liberté
  • Baahlo, le Dieu Vengeur
  • Ethyamis, Dieu de la Connaissance
  • Bromé, le Dieu de la Guerre
  • ...

Le Camp de la Neutralité :

Sans leader particulier, il réunit tous les Dieux n'ayant pas d'influence directe sur les humains, mais agissant plutôt sur les facteurs environnementaux et climatiques, ou encore sur des facteurs tels que la Chance.

Liste des Dieux appartenant à ce camp (à l'époque du Récit) :

  • Gamaté, Dieu de la Mer (et, par association, des navigateurs et des pêcheurs)
  • Aleasio, Dieu de la Chance (et, par association, des joueurs)
  • ...

NB : au fil du temps, au sein des deux Camps en lutte, chacun des Dieux a pu voir évoluer ses convictions. Seuls Ashaya et Kech'er, chefs respectifs de leur coalition, reste éternellement fidèles à leurs idéaux. Encore aujourd'hui, il existe des Dieux plus ou moins radicaux au sein des deux groupes (qui tendent successivement vers l'un ou l'autre des Camps, à l'échelle des temps des Dieux, c'est à dire sur plusieurs millénaires).

L'homme hideux...



L'homme hideux les avait ainsi fait traverser les jardins nus à la lueur des deux lunes. Ils eurent tôt fait de passer deux grandes arches de granit qui semblaient signifier la fin des jardins et le début du palais. Cette délimitation semblait en réalité bien floue car le gazon coupé étrangement court continuait de sinuer entre les murs, et il ne semblait pas y avoir de carrelage ou de plancher à l'intérieur des bâtisses. Piou n'avait de cesse d'écarquiller les yeux. Que cela était étrange ! Les maisons ressemblaient à des hangars à bateaux, hauts de plafond et larges de corps, sans battants de porte ou de fenêtre, et à l'intérieur tout était noir, comme si personne ne vivait là.

Ils croisèrent pourtant deux ou trois individus se promenant au clair de lune qui étaient à la fois très semblables et très différents de l'homme qui se faisait appeler Gerbalt : leurs tenues allaient de la sobriété la plus totale à l'extravagance folle des cours les plus huppées. De même, il ne semblait pas exister de règles pour la torture de leurs visages; certains semblaient tout à fait normaux tandis que d'autres ne présentaient que des cratères en guise de face. Cela avait beau faire frissonner Piou et lui faire pousser de petites exclamations bien vite étouffées par sa main, elle n'en continuait pas moins d'avancer en silence, tenant dans son autre main la paume calleuse de Gaby qui se serrait compulsivement sur la sienne lorsqu'elle sursautait d'effroi.
Après ce qui lui sembla être une éternité, on les fit rentrer dans un de ces nombreux hangars à bateaux de granit. Dans une exclamation de ravissement qui lui fit porter les deux mains à sa bouche, elle ouvrit de grands yeux émerveillés en découvrant l'intérieur de la bicoque grise et terne.
Le batiment n'était qu'une seule et immense pièce, où pendaient du plafond des voiles vaporeux de toutes les nuances de vert possible qu'on puisse retrouver dans les frondaisons des arbres au printemps. Ca et là, sans règle aucune étaient disposés des coussins de soie et de larges matelas rembourrés de plume qu'éclairaient des bougies jaunes d'or de la hauteur d'un homme et larges comme des troncs. Le premier rang de voilages devait cacher d'autres bougies encore, dont on ne distinguait à travers que le halo doré qui faisait chanter par transparence les couleurs des tentures de mille teintes chatoyantes.

Gerbalt s'engagea dans la forêt de tissu, découvrant de sa main d'autres voilages et d'autres bougies qui encadraient des petits recoins garnis de coussins et d'une sorte d'appareil métallique coloré de tissu bleu vif qu'elle n'eut pas le temps d'examiner davantage, car la petite troupe avançait vite. Enfin, ils débouchèrent au milieu de la pièce dans un espace que les voilages dégageaient plus largement que les recoins entraperçus auparavant. Au milieu, sur un coussin de patchwork gigantesque qui semblait conter une histoire dont Piou ne pouvait voir que quelques personnages habillés de rouge, siégeait un homme habillé d'une longue robe de femme d'une maigreur cadavérique. Sa peau était blanche et presque translucide, car on apercevait le fin réseau bleu de ses veines sur ses avants bras nus et lisses. Il souriait gentiment, et ses yeux étaient tout blancs.
Piou avait désormais la bouche constamment ouverte. Elle serrait à deux mains la pogne de Gaby comme si cela seul était la garantie d'un retour imminent à la réalité. Elle suivit des yeux les lèvres épaisses de ce drôle de bonhomme qui s'animaient.

« Asseyez-vous, je vous en prie. »

Bizarrement, aucun d'entre eux ne se fit prier davantage. Même la drôle de dame que Gaby avait appelé la Reine Tyumpur ne semblait pas vouloir s'opposer à cet homme-endive. Piou se détourna un instant de la préoccupation immédiate de l'étrange lieu pour examiner cette femme. Etait-elle vraiment la reine? Elle ne ressemblait pas du tout à ce qu'elle imaginait. Ainsi, toute distraite qu'elle était, elle ne remarqua pas le départ discret de Gerbalt qui après un signe de tête entendu, s'était éclipsé dans les voilages.
Une fois confortablement assise dans un coussin rembourré, l'homme blanc se mit à murmurer sans prendre de respiration.
« Comme vous l'a dit Gerbalt vous voilà en mon royaume de l'île dorée tous ceux que vous verrez ici sont entièrement dévoués au culte de Kech'er qui aime la folie et la répand il n'existe pas de règle de vie particulière ici et nous ne vous forcerons à rien mis à part continuer de vivre comme bon vous semble il n'existe nul interdit nulle contrainte nulle morale en ce lieu. »
Il referma doucement sa bouche, comme s'il craignait qu'en était trop brusque le sens de ses paroles s'éteigne trop vite. Aucune partie de son corps n'avait bougé, si ce n'est ces lèvres pulpeuses qui attiraient toutes les attentions de la petite assemblée de Lynellien.
Piou regarda Gaby, apeurée. Ce dernier fixait l'homme d'un regard dur et froid, mais il ne fit pas mine de lancer le moindre regard à la petite qui était collée à lui. La bouche se rouvrit.
« Kech'er me parle parfois et me montre souvent et c'est vous trois qu'il a accepté de me décrire comme ses avatars de la liberté et du chaos sur Gaïala à chacun d'entre vous existe un opposé leur tâche est de réunir les peuples libres sous un même joug. »
Encore une fois, la bouche se ferma doucement. Piou avait sentit Gaby tressaillir pendant que l'homme-endive parlait, et elle avait crû bon de lui serrer fermement la main en retour comme lui-même l'avait fait pour elle peu de temps auparavant.
« Vous êtes les jouets de Kech'er alors qu'ils sont les jouets d'Ashaya et aucun d'entre vous ne peut survivre à l'autre six pions sont en jeu sur Gaïala et vous en êtes la moitié torturée vous ne ressentirez dès demain que la haine de la partie adverse comme eux la ressentent déjà envers vous Gerbalt vous guidera et vous enseignera ce qu'il est nécessaire de savoir pour porter fièrement les couleurs de Kech'er et faire honneur à l'île D'or. »

Piou commençait à s'endormir quand elle entendit : « C'est votre vie de chaos contre la leur d'ordre dormez maintenant »

mardi 16 juin 2009

Piou Davaya

Pioucellinacena Davaya (Piou)

Piou est l'enfant naturelle d'Elina (serveuse, fille de joie et très bonne maman) qui l'a élevé à Escale, sur la presqu'île de Syuhr dans le royaume de Lynellis.

Piou est une petite fille agitée, franche, sincère et très souriante que tout le monde semble apprécier. Pendant toute son enfance, elle a vécu au contact des marins, des pirates et des marchands qui venaient dans la taverne du port où travaillaient sa mère. C'est ainsi qu'elle a rencontré toute petite Gabriel (Gaby) qui s'est rapidement pris d'affection pour elle et est devenu en quelque sorte son « grand-père » ou en tout cas la figure paternelle de son schéma familial (bien qu'il n'y ai jamais rien eu entre Gaby et Elina).

Elle ne fait que se douter du double travail de sa maman dont elle adopte parfois les postures par mimétisme, mais elle est encore très naïve et innocente. Elle dormait seule dans un coin du grenier, sur une paillasse, avec l'accord de la patronne de l'établissement afin de la protéger de la débauche. La patronne bienveillante s'occupait d'elle la journée, mais sa mère qui l'aime très fort s'est toujours arrangée pour être la plus présente possible auprès d'elle.

Piou a toujours été d'un abord facile et avait de nombreux petits amis dans le village. Avec eux elle ramassait et volait des crustacés et des oeufs de mouette pour les repas, courait sur les plages et dans les criques, s'aventurait dans les grottes calcaires des falaises de la facade océanique (un jeu dangereux bien évidemment interdit par les adultes mais qui fait la joie et les aventures de la jeunesse).

Elle s'est enfuie à bord du bateau La Sardine qui emmenait Gaby au loin et partage désormais ses aventures.

lundi 15 juin 2009

"Vous êtes ..."



"Vous êtes ..."

La phrase du dénommé Gerbalt mourut dans sa gorge alors que son regard sembla se perdre dans le vide, regardant quelque chose qui se trouvait derrière la Reine, et qu'elle ne pouvait donc voir. Il se dirigea promptement vers l'endroit observé, tout en contournant habilement Tyumpur qui le regarda partir vers le lieu où, quelques minutes plus tôt, elle en était certaine, ne se trouvait absolument rien, mis à part le gazon parfaitement taillé. Mais à présent elle pouvait apercevoir deux formes qui se mouvaient avec difficulté dont l'une était allongée sur le sol et, en se rapprochant, elle put constater qu'il y avait un adulte et un enfant. Mais elle ne put déterminer leur sexe à cause de la suie qui les recouvrait presque intégralement.
Elle suivit la créature à bonne distance, la peur de son apparence mêlée à la confiance toute relative qu'elle se devait de lui accorder pour survivre en ce lieu qu'elle ne connaissait pas. Après quelques pas, elle put déterminer, que la forme debout était un homme d'âge mûr qui se déplaçait difficilement sur ses deux jambes et que la petite silhouette gisante était une petite fillette. Elle toussait très fort et elle lui ouvrit grand les yeux bruns dans lesquels Tyumpur se perdit quelques instants avant de reprendre ses esprits. Elle parvint à deviner une tignasse blonde sous la crasse accumulée et la suie, mais de nombreux lavages seraient nécessaires pour leur redonner leur couleur d'origine.

La créature à la bure rouge s'arrêta devant le vieil homme, qui était toujours instable et perdu. Il avait les pupilles dilatées et l'air complètement hébété, comme s'il venait de vivre la pire expérience de sa vie. Voyant que le vieil homme ne montrait aucun signe d'agressivité, la bouche de Gerbalt s'articula pour formuler de nouveau la phrase qu'il avait déjà énoncé à Tyumpur :

"Je suis Gerbalt, enchanté.
- Bon-bonjour, articula difficilement le vieil homme, tout en prenant la petite dans ses bras, je suis Gaby... Où est on ? On est morts ?
- Non, non, vous ne l'êtes pas, tout du moins pas encore, dit Gerbalt avec un léger ton ironique dans la voix.
- Alors je suis où ? répondit le dénommé Gaby, qui commençait à reprendre ses esprits et qui remarqua enfin la femme qui se tenait à côté de l'homme à l'apparence monstrueuse.
- Vous êtes ..."

Soudain, Gaby s'agenouilla en face de la Reine et tenta de reprendre une contenance, puis prononça ces paroles :

"Reine Tyumpur, je ne sais si mes yeux me jouent un tour, car les événements qui se sont succédés n'ont pas de sens pour moi, mais s'il s'agit bien de vous, je vous salue tel le vieil homme que je suis"

Le reine écarquilla les yeux quand elle comprit enfin qui se trouvait devant elle :

"Gabriel! Par Ashaya, que faites-vous ici ? Relevez-vous, voyons ! Qui est cette jeune fille ? s'enquit la Reine en s'approchant des deux individus, et en prenant soin de vérifier si la fillette n'avait pas de blessure.
- Je vous présente Pioucellinacena Davaya -ou Piou-, ma Reine. Il s'agit d'une fillette qui était avec moi sur un bateau qui se dirigeait vers la capitale. Que la Grande Déesse nous préserve, où sommes nous ? Et quel est cette horreur ? répondit Gaby en pointant l'homme en bure rouge.
- Je suis Gerbalt, enchanté, répéta une troisième fois l'homme, prenant un plaisir certain dans le comique de répétition.
- Gerbalt, pouvez-vous nous dire où nous sommes ? demanda la Reine, presque suppliante, tellement son état nerveux avait atteint son paroxysme.
- Vous êtes actuellement sur de l'herbe, ricana Gerbalt, visiblement amusé par leur tête hagarde.
- Trêve de plaisanterie, créature immonde" rétorqua Gaby en sortant une dague quasi instantanément de sa botte et en venant la mettre sous la gorge de la créature.

Gerbalt esquissa un geste et la dague se liquéfia sous les yeux hébétés du vieux pirate, de la Reine et de Piou.

"Je vais vous mener à mon Maître, humains sans humour. Il est le souverain de ces lieux. Bienvenue sur l'Ile D'Or."

samedi 13 juin 2009

Les flammes grondaient...



Les flammes grondaient derrière eux, le bois crépitait et parfois on entendait s'effondrer une partie du navire. Les hommes suaient, criaient, les ordres fusaient, les bras s'acharnaient à ralentir l'incendie mais le bateau sombrait inéluctablement. La petite, réfugiée depuis peu dans les bras du solide gaillard, ouvrait de grands yeux affolés. Gaby réfléchissait à la vitesse de la lumière, il n'était plus question de baisser les bras et d'attendre impuissant que la mort vienne le prendre. Non. Maintenant que Piou était sous sa protection et comptait sur lui comme sur un père, il ne pouvait plus se permettre d'abandonner la partie. Cette petite vie lui était précieuse et il se doutait qu'au port, sa mère devait se faire un sang d'encre.

« Par Ashaya qu'avais tu besoin de te faufiler là Bourrique ? Tiens, met ça sur ta bouche.
- Gaby... Je ne voulais pas faire de bêtise j'te le promet ! La voix de la fillette était à peine audible. Je suis désolée, désolées désolée, je voulais partir à l'aventure avec toi... J'ai peur Gaby, j'ai peur...
- Chut c'est trop tard pour te lamenter mignonne. On va se sortir de là, pour le reste on verra plus tard. Il lui présenta ses épaules. Agrippe toi solidement, prend une grande goulée d'air, ferme les yeux et respire le moins possible ensuite. On va s'en tirer ! »

Gaby inspira un bon coup lui aussi et poussa le battant de la soute avec la ferme intention de remonter jusqu'au pont par n'importe quel moyen. C'était sans compter la propagation rapide de l'incendie. Il s'engagea au pas de course dans le couloir mais l'air était suffoquant et il n'y voyait goute. La fumée avait envahie la proue et il faisait tellement chaud qu'en un instant ses fripes étaient trempées de sueur. A tâton il tentait de se repérer mais l'air manquait et il dut se résoudre à faire demi-tour. Le bruit était assourdissant et l'incendie devait avoir ravagé une bonne partie de l'embarcation. L'image du pont totalement dévasté s'imposa un instant à son esprit. Horreur. Il n'était plus question de remonter.

Prostré au plus profond de la soute à voile où l'air commençait à manquer, Gaby retenait ses larmes de rage à grande peine, la petite serrée contre lui.
« Gaby, tu veux bien prier avec moi ? La petite voix était tremblante. Maman priait la déesse le soir et elle disait que si j'étais gentille Ashaya veillerait sur moi... Piou tripotait son médaillon, et soutenait vaillamment le regard du vieux les yeux pleins d'espoirs. Maman dit que t'es un vieux bouc sans croyances et que Ashaya t'a abandonné mais si tu pries avec moi... »
La fillette lui tendit le médaillon d'un air décidé. Elle l'agrippait si fermement que les jointures de ses doigts en étaient blanchies. « Pries avec moi Gaby ! ». Et plein de remords, pour ne plus voir son regard suppliant, pour adoucir la fin de l'enfant, il plaqua fermement une grosse main sur la petite bouille d'ange , prenant bien soin de couvrir la bouche et le nez. De l'autre main, il saisit le médaillon avec l'intention de prier très fort pour son âme.

Un éclair jaillit et Gaby se senti propulsé à terre. Le sol était humide et l'air humait bon l'herbe grasse. Il sentie la petite masse de Piou se contorsionner pour échapper à son étreinte. Sans avoir pu comprendre ce qui leur arrivait, le hoquet de surprise bref et perçant d'une femme le fit se lever d'un bon, tous les sens en alerte. En dépit de la semi obscurité qui régnait il distingua sans peine les deux silhouettes qui se tenaient à quelques distance.

vendredi 12 juin 2009

De la magie...



De la magie. Cela puait la magie. Son coeur se mit à battre à toute vitesse et son front se recouvrit d'une légère et invisible pellicule de sueur. Elle avait peur.

Tyumpur avait beau être intérieurement dans la panique la plus totale, il n'en restait pas moins qu'elle était la Reine de Lynellis; elle avait passé chaque jour, chaque minute de sa vie à cacher ses émotions, et il n'était même pas envisageable qu'elle tremble devant un inconnu. C'est pourquoi elle se redressa dignement, croisa les bras et attendit que l'homme la rejoigne, exaspérée. De si bien jouer son rôle auquel elle était depuis longtemps habituée, elle en retrouva même un certain calme.

Lorsqu'enfin l'homme s'arrêta devant elle, toujours silencieux, Tyumpur lui lança d'un ton glacial:

« J'exige de savoir ce que je fais ici. »

L'homme ne bougea pas, et resta silencieux. Sa bure était rouge sang, et maintenant qu'il était plus près d'elle, elle remarquait qu'il y avait de fins dessins en reliefs sur l'épais ruban qui entourait sa taille. Elle n'avait jamais entendu parler de prêtre rouge.

Comme le silence s'éternisait, et que l'homme ne semblait pas vouloir bouger et encore moins répondre, Tyumpur reperdit le peu de sang-froid qu'elle avait accumulé. Elle le pointa impérativement du doigt.

« Répondez-moi ! J'exige une réponse !!! Je suis la Reine de Lynellis, vous ne savez même pas ce que... »

Alors, sans même qu'elle ai pû prévoir le mouvement du prêtre celui-ci la gifla violemment, l'envoyant à terre. Elle sentit le goût du sang dans sa bouche, et elle respira l'odeur de l'herbe grasse du jardin. Des larmes de rage lui vinrent aux yeux. Elle resta prostrée quelques secondes ainsi, remettant de l'ordre dans ses pensées, puis elle se releva en tremblant, prudente, mais l'homme ne bougeait toujours pas.

« Qui... qui êtes-vous? Dit-elle en essuyant le sang qui s'étalait au coin de ses lèvres. Que me voulez-vous? »

Alors l'homme repoussa son capuchon et lui sourit. Tyumpur écarquilla les yeux, porta ses mains à sa bouche et poussa un cri suraiguë. Elle commença à reculer en tremblant.

C'était la tempête personnifiée. Dans la semi-pénombre, elle distinguait l'unique oeil injecté de sang qui la regardait ; le second était invisible car la paupière avait été cousue d'un fil qui luisait étrangement d'une lueur rouge dans l'obscurité. Le reste de son visage était un chaos de bourrelets de chair, de cicatrices tortueuses, d'incrustations de pierreries semi-précieuses qui reflétaient les rayons des lunes et de tatouages. Son sourire éclatant présentait une dentition où ne subsistaient qu'une dent sur deux, et chacune d'entre elle brillait d'un blanc de neige. Devant la vieille femme, les lèvres sèches de la créature s'animèrent.

« Je suis Gerbalt, enchanté. »

Il lui tendit alors une main impeccablement manucurée, dont les ongles étaient peints et vernis comme cela se faisait chez les putains. Tyumpur l'ignora.

« Que... que me... que me voulez-vous?

- Moi, je ne vous veux rien, fit Gerbalt en ramenant sa main.

- Pourquoi suis-je ici alors? C'est vous qui m'avez amenée?

- Doit-il toujours y avoir un but dans l'existence? Vous êtes ici, c'est tout ce qui importe. Bienvenue.

- Mais où suis-je? »

Tyumpur craignait que cet homme soit fou. Mais l'obscurité était désormais installée, et bien qu'elle soit loin d'avoir envie de dormir ou même de manger, elle ne savait pas où elle pourrait loger si elle s'enfuyait. Cet homme était la seule garantie d'un refuge et d'une possible explication sur sa présence.

« Vous êtes... »

jeudi 11 juin 2009

Les pensées...



Les pensées emplissaient la tête de la Reine tel l'eau remplissait la vasque légendaire de Bromé et, alors qu'elle continuait à se mirer à la recherche d'une ride qu'elle n'aurait pas encore découverte, elle finit par prendre la décision de sortir prendre l'air afin de se soulager de tous ses maux. Elle était Reine, ses seuls soucis auraient du être le bien-être de sa cour, le déroulement de ses prochains bals ou encore la tenue qu'elle arborerait lors de sa visite chez son frère, le Prince de Podymée. Cependant, grâce à son sens naturel pour la rhétorique et sa perception exacerbée des nuances de la politique, elle avait eu une plus grande influence sur le Royaume que n'importe lequel des conseillers du Roi.
Tandis que Tyumpur sortait de son immense salle de bain, Ortiale s'enquit de ce brusque départ alors que la Reine passait habituellement des heures entières à s'observer, se prélasser dans les larges piscines aux parfums variés de la salle de bain, se coiffer et autres activités que la servante trouvait absolument futile, elle qui avait à peine le temps de se reposer quand finissait sa journée au service de la Reine, très exigeante.

"Que se passe t-il, votre Majesté ?
- Rien, Ortiale, j'ai juste besoin d'un peu d'air. Je vais aller me promener dans mon Jardin Privé. Voulez-vous bien prévenir les jardiniers pour qu'ils quittent les lieux avant mon arrivée ? J'ai besoin d'être seule.
- Bien, ma Reine."

Tyumpur emprunta donc un chemin détourné pour que les jardiniers aient le temps de quitter les lieux avant qu'elle n'arrive. Elle choisit de fouler la muraille qui longeait la côte car le Palais Royal de Camarella, capitale du Royaume de Lynellis, avait été construit le long de l'Océan de Cristal.
Depuis le mur d'enceinte, elle surplombait le port et pouvait voir l'activité des dockers, des marins et des autres acteurs nécessaires au bon fonctionnement du port le plus important de tout le Royaume. De son poste d'observation, elle voyait les gens s'affairer en cet fin d'après-midi, et elle ne put s'empêcher de comparer mentalement ces petits personnages occupés à une fourmilière. Chacun de ces êtres pouvaient-ils avoir une importance ? Elle en doutait.
Elle était Reine, l'une des figures les plus importantes de son pays et, pourtant, elle était lucide quant à sa disparition. Cela ne ferait pas une grande différence dans un monde aussi vaste. Un an, deux peut-être et la plaie causée par sa mort se serait refermée dans les coeurs. Elle resterait dans la mémoire de ses proches pendant deux ou trois générations puis sa vie ne serait résumée qu'à quelques lignes dans un ouvrage d'histoire poussiéreux et son nom finirait par disparaître, n'étant mentionné que pour désigner l'épouse d'un Roi qui fit de grandes conquêtes militaires. Elle était frustrée quant à place, son impossibilité à agir vraiment, pour laisser son empreinte dans ce monde, indépendamment de son époux, qu'elle aimait pourtant sans condition.

Malgré son statut de Reine futile, caractérielle et lunatique, elle était souvent sujette à ce genre d'introspection, qui lui permettait de mettre sa vie en relief, même si elle ne faisait pas grand chose pour la changer. Elle croyait très fortement au destin, et espérait qu'Ashaya prendrait soin de sa vie autant qu'elle-même choyait la Déesse, pour qui elle avait failli devenir prêtresse si les aléas de la politique ne l'en avait pas détourné. En effet, sa soeur, la Princesse de Podymée, aînée de la famille princière, était destinée à épouser Gorme, troisième du nom, Roi de Lynellis, afin de renforcer les liens entre les deux nations. Cependant, la mort de sa soeur d'une maladie foudroyante l'avait propulsé au premier plan de la vie politique et elle avait du épouser le Roi, plus vieux qu'elle-même, mais qu'elle avait appris à aimer pour ses nombreuses qualités humaines.

Perdue dans ses pensées, elle était arrivée naturellement au Jardin Personnel de la Reine en empruntant un chemin qu'elle avait déjà fait des dizaines de fois. Alors qu'elle s'apprêtait à pénétrer sous l'arche qui marquait l'entrée du jardin, une sensation étrange, dans son estomac, la fit hésiter puis s'arrêter en face de l'arche magnifiquement décorée d'un ensemble de roses, aux couleurs aussi variées que le ciel au crépuscule, qui venaient s'enchevêtrer les unes dans les autres. Elle se décida malgré tout à traverser l'arche, bien décidée à ne pas se laisser contrôler par des émotions aussi primaires, mais, alors qu'elle posa le pied dans ce qu'elle pensait être son jardin, elle remarqua qu'elle était dans un endroit complètement différent. Elle releva la tête et s'aperçut qu'elle n'était plus au Château. Peut-être même qu'elle n'était plus à Lynellis car le soleil était bien plus bas dans le ciel et les deux lunes du monde de Gaïala étaient hautes dans le ciel même si l'obscurité n'était pas totale. Alors qu'elle adressait une prière silencieuse à Ashaya pour la préserver du mauvais sort qu'elle subissait, elle nota qu'elle se trouvait dans un immense jardin, sans aucun arbre. Elle se retourna et sursauta alors qu'elle aperçut un homme qui se dirigeait vers elle. Un homme habillé d'une simple bure rouge, avec la capuche relevée, qui ne laissait pas voir son visage.

mardi 9 juin 2009

Un rat la fixait...



Un rat la fixait avec terreur, ses petits yeux rouges brillant dans l'obscurité.

"Par la grande Déesse ! Que des torrents de sable vous submerge ! Ortiale ! Ortiaaale où êtes vous ! Qu'Ashaya vous transperce de ses larmes de glace si vous ne faites pas disparaitre de ma vue cette horreur ! Part ! Disparait ! Monstre !"

Bien plus effrayée par la masse gigotante qui le pointait ainsi du doigts que par les propos menaçant, le petit animal avait disparu au milieu des tentures et des soieries qui drapaient le sol. La vielle femme continuait à fulminer.

"Ortiaaaaaaale ! Où êtes vous par les flammes de Baahlo...

- Majesté ? La petite voix empleine de timidité d'Ortiale tranchait avec le ton impérieux de la Reine.

- Ce palais est un véritable dépotoir ! La noble dame jeta un regard dédaigneux en direction de la jeune fille. Je ne souffrirais pas un instant de plus ces abominables bestioles, débarrassez m'en et vite !"

Décidément, rien n'allait plus dans ce palais ! La Reine poussa un soupir exaspéré avant de s'enquérir d'une nouvelle servante à martyriser un peu, pour se détendre. Depuis qu'il était assaillit de toute part par l'épineuse affaire de l'abbaye d'Ashaya, le Roi, son mari, n'était plus que l'ombre de lui même. Au prix d'un travail acharné, de guerres et de négociations interminables avec les pays frontaliers et les nombreuses ethnies du Royaume de Lynellis, la paix régnait enfin sur le territoire depuis quelques années. Tout le pays prospérait et le peuple vivait satisfait. Et voila qu'une sombre affaire risquait de rompre le fragile équilibre acquis à force de volonté ! Dame Tyumpur avisa un fauteuil, elle étais las soudain et se laissa glisser sur les coussins tissés d'or. Le soleil était encore haut dans le ciel, elle posa sa main sur le verre épais du vitrail pour goûter un peu de sa chaleur, les yeux perdu dans le vague.


En perpétuelles réunions avec ses conseillés les plus proches pour tenter d'éclaircir le mystère de cet assassinat, le Roi n'accordait plus qu'une attention distraite à sa compagne officielle. Il l'évitait subtilement dans ses rares moments de répits et son absence lui manquait cruellement. Le soir venu, bien souvent, c'est dans la couche de ses concubines qu'il allait se ressourcer plutôt qu'au coté de son épouse bien aimée. Il avait beau apprécier sa compagnie, sa beauté et ses conseils judicieux, elle n'en avait pas moins un caractère difficile qui mettait sa patience à l'épreuve. Dame Tyumpur s'en rendait bien compte et s'en fit mentalement le reproche. Tout le monde était au fait de sa jalousie légendaire et les violentes scènes qu'elle faisaient à son époux étaient source de nombreux commérages dans le palais ! Un sourire éclaira fugacement le visage fatigué. Après chaque éclat elle se jurait de s'adoucir enfin, mais ses bonnes résolutions partaient en fumées à la moindre incartade de l'époux volage et les reproches fusaient, semblables à des lames aiguisées. Les frasques du Roi - bien que communes dans ses contrées aux mœurs libres - ne flattaient pas son orgueil d'épouse. Les colères de la majestueuse Dame Tyumpur se faisait de plus en plus redoutables au fil du temps. Non seulement elle se voyait soustraire toute influence sur le Roi par de jeunes rivales, mais en plus, l'age venant, sa beauté jadis exceptionnelle se fanait irrémédiablement. Elle assistait, impuissante, à sa propre déchéance. De quoi perdre la tête !

La chaleur...



La chaleur dans l'étroit couloir était déjà insoutenable, et Gaby détourna rapidement le regard des flammes. Le feu dévoraient le pont avec rage, d'autant plus rapidement que l'été avait été particulièrement sec. Une fumée sombre et dense s'accumulait au plafond et formait une chappe d'un noir de charbon qui empoisonnerait quiconque serait suffisament inconscient pour y laisser sa tête trop longtemps.
Gaby toussa violemment, protégea sa bouche de sa main, puis s'engagea courbé dans le couloir qui menait à la proue du boutre, à sa droite.
Par dessus le rugissement des flammes de l'incendie qui lui rotissait le dos et qui semblait maintenant inarrêtable, il percevait tout de même les cris et l'agitation sur le pont supérieur. L'équipage semblait s'acharner à vouloir maitriser le feu.
Le long de ce couloir de quelques mètres s'ouvraient les passages pour rejoindre une partie des cabines à hamac de l'équipage et les soutes. Gaby ne savait pas trop ce qu'il cherchait et de toute manière, il pleurait tant en raison de la fumée qu'il n'y voyait plus grand chose dans le noir, et cela sans compter sa bonne vieille cataracte qui ne lui était encore pas bien utile pour se sortir d'affaire. Il toussait à s'en fendre la poitrine, et il dû même s'arrêter un moment pour chercher de l'air jusqu'à ce qu'il saisisse que la fumée au plafond, certes, devenait de plus en plus basse, mais semblait également aspirée vers la soute qui formait la proue: il existait donc une voie d'air là bas, et vu qu'il risquait fort de mourir asphyxié avant même de ressentir la moindre brûlure, il décida de s'y réfugier.
Il n'espérait même pas trouver une sortie, ce bateau était bien trop petit pour avoir des fenêtres à verre épais comme on en voyait parfois sur les galions qui passaient au large d'Escale. Il voulait juste trouver de l'air.

Il ressortit presque en courant du dortoir dans lequel il venait d'arriver pour se précipiter à la proue. Il poussa le battant de ce qui s'apparentait plus à un placard qu'à une pièce et débarqua dans la soute à voile.
Les voiles de tissu grossier étaient soigneusement enroulées et enveloppée d'une bâche imperméable, sauf une, étendue en vrac, d'où émergeaient deux yeux bruns écarquillés sur un visage bien trop familier...

La Sardine filait ...



La Sardine filait sur les flots à une vitesse vertigineuse pour un navire si modeste, comme Gaby l'avait fait remarqué à plusieurs reprises. Sa confiance pour l'embarcation n'avait pas réellement été confortée par ces deux jours de navigation, malgré l'optimisme d'Aryus. Le vieux marin implorait mentalement Gamaté, Divinité majeure de la Mer (et donc des navigateurs et des pêcheurs), de leur assurer un voyage sûr, car il doutait fortement de l'expérience des matelots en cas d'avarie sérieuse.

Aryus avait été étrangement silencieux pendant ces deux jours, ne cédant des informations qu'au compte-goutte à l'ancien pirate mais Gaby avait finalement réussi à éclaircir un peu les événements qui s'étaient produit à l'Abbaye même si les raisons de son ralliement restaient des plus obscures. On avait retrouvé le corps du moine en charge de l'administration de l'Abbaye deux semaines environ après sa mort selon les enquêteurs royaux, les prêtres et les magiciens chargés de déterminer ce qui s'était produit là-bas. Le meutrier avait utilisé une arbalète à carreaux empoisonnés, arme privilégiée du Corps des Naja Assassins, une organisation secrète qui vénérait ces serpents retrouvés dans le Grand Désert Central et dont le venin leur servait de drogue. Ils étaient des adeptes du Dieu noir Baahlo et étaient utilisés par des personnes riches et influentes comme de simples tueurs à gage, moyennant une somme conséquente, qui servait officiellement à l'entretien du culte du Dieu noir, et officieusement à l'enrichissement des grands Prêtres de la Divinité maléfique.

Des ouvrages avaient été aussi retrouvés sur le corps de la victime, cependant des pages avaient été prélevées dans les notes du moine, probablement par l'assassin, et l'un des mystères de l'assassinat résidait dans ces lignes, ce qui intéressait au plus au point la Royauté. L'autre mystère résidait dans l'intrusion : des protections à la fois mécaniques et magiques avaient été installées pour éviter ce genre d'événement et cet assassinat était la preuve que des gens très déterminés et aux moyens importants étaient impliqués.

Gaby, pourtant si désabusé et peu concerné en apparence, voyait pourtant les implications possibles d'un tel événement et comprenait l'inquiétude du Roi Gorme. Cependant, il détestait toutes les considérations théologico-magiques et voyait simplement les composantes politiques : pour lui, il s'agissait clairement de déstabiliser le gouvernement en place.
Alors qu'il réfléchissait à ce problème tout en se demandant comment il pourrait bien aider dans cette sombre histoire, allongé sur son lit de fortune, il sentit une agitation anormale sur le pont supérieur puis il sentit une odeur qui alertait tout de suite n'importe quel marin, même le moins aguerri. Une odeur de feu.
"Une Sardine grillée" pensa avec humour Gaby, avant de réaliser la dangerosité de ce feu sur une embarcation aussi ancienne. Il se rua vers la porte qu'il ouvrit à la volée avant de constater que les flammes bloquaient la sortie. Il était coincé, sans autres issues.

lundi 8 juin 2009

Carte du Royaume...



A compléter au fur et à mesure...

dimanche 7 juin 2009

Assise sur le...



Assise sur le promontoire rocheux elle regardait la mer. Une petite brise marine rafraichissait l'air et lui chatouillait la nuque. Après une longue nuit enfermée dans le tripot à servir des clients braillards et turbulents, pouvoir profiter de cet instant de répit était un vrai privilège qu'elle savourait. Bientôt le soleil se lèverait et ça serait l'heure pour Elina d'aller prendre du repos. C'était le moment qu'elle préférait, elle aurait pu rester là des heures à contempler l'infinie bleue de la mer si le temps n'avait pas continué de s'écouler irrémédiablement. Parfois, quand le ciel était particulièrement dégager elle pouvait distinguer l'autre bras de la Baie dorée. Ce matin le ciel s'amoncelait de nuages et quiconque connaissait un peu les caprices d'Ashaya, grande Déesse de l'Harmonie, pouvait deviner sans peine la tempête qui se préparait.

Elina poussa un long soupir emprunt de nostalgie. Elle allait rentrer, lever la petiote et la préparer pour la journée. Ensuite elle la remettrait à la garde de la patronne le temps de dormir quelques heures avant de reprendre son travail de donzelle. Elle aurait préféré s'occuper elle même de sa fille mais c'était le meilleurs arrangement possible pour le moment. La mignonne irait sans doutes courir plus bas sur la plage avec les autres gamins de la bourgade, elle se chamaillerait avec les mouettes et chaparderait les coquillages aux marchands. Tous les gosses faisaient ça, elle aussi avait volé son lot de coquillages en son temps !

« Allé ! Zou ! Debout ma petite Caille ! Debout! ». La pièce était plongée dans le noir, Elina se dirigea à tâton jusqu'au carreau pour enlever le panneau qui faisait office de volet. Elle dû se hisser sur la pointe des pieds pour atteindre planche et l'attraper des deux mains. Les patrons étaient bons avec elles et avaient réservé un coin du grenier à Piou pour lui épargner la vision d'inconnus dans le lit de sa mère. La petite passait donc ses nuits seule, sur une paillasse fraiche, à l'abri des tumultes de la taverne. Elle devait bien avoir une vague idée des affaires d'Elina mais celle ci prenait grand soin de tenir sa fille à l'écart d'une vie trop débauchée. Plus tard la fillette irait au temple le plus proche pour apprendre les rudiments de la connaissance d'Ashaya. Il n'était pas dit qu'elle finirait nigaude ou fille de joie. En attendant c'était l'heure de la lever et Elina se précipita joyeusement sur le tas de chiffons et autres nippes qui faisait offices de draps à Piou.

« Allé ! Trêve de flemmardise ! s'exclama-t-elle en s'apprêtant, pleine d'entrain, à secouer la masse. Piou, debout ! »

Pas de réaction. L'inquiétude commençait à percer dans son regard quand elle souleva doucement l'ensemble des couvertures. Sous ses mains, la masse inerte et légèrement molle qu'elle caressait du bout des doigts -stupéfaite- n'était rien d'autre qu'un ballot rempli de graine. Elle poussa un gémissement et c'est la voix chargé de colère et d'angoisse qu'elle entreprit de descendre l'échelle en criant « PIOUUU ! ».

samedi 6 juin 2009

Gaby claqua la porte...



Gaby claqua la porte et s'appuya au chambranle, contemplant pendant quelques secondes les quatre soldats qui le fixaient également d'un air que d'aucun qualifieraient de bovin. Il jeta un coup d'oeil a Aryus, puis soupira.

« Bon. C'est toi qui mène le jeu. On fait quoi? »

L'ancien second lui indiqua d'un signe de tête les bateaux amarrés.

« Nous reprenons la mer, mais comme passagers mon ami. Direction l'Abbaye d'Asshaya. La Sardine part avec la marée du soir, nous y avons réservé nos places. Tu as encore le temps de préparer tes affaires. »

Gaby renifla.

« Quand est-ce que je pourrais savoir véritablement dans quoi je m'engage? Qu'attend le roi de mes loyaux services? Pourquoi moi, un vieux débris? Je n'ai plus commandé de vaisseau depuis des lustres, et je ne dois plus valoir grand chose au sabre... »

Il secoua son épaule droite - bousculant un peu son oiseau - pour raviver le souvenir de son ancienne blessure qui l'handicapait sérieusement aujourd'hui.

Le regard dubitatif des soldats témoignait visiblement des mêmes constatations.

« Je t'en reparlerais plus tard, prépare toi plutôt, grogna Aryus en détournant le regard.

- J'ai rien à emmener.

- Fais pas le gamin, va chercher tes affaires. Quand tu seras prêt, rejoins nous à la Sardine.

- Sardine de mes deux... t'as pas trouvé une planche au nom plus ridicule? »

Gaby cogna du poing sur le mur, soulevant un nuage de poussière de chaux et faisant sursauter sa perruche.

« De quoi j'ai l'air moi? »

Laissant là ses futurs camarades de voyage, Gaby rejoignit sa bicoque branlante en grommelant et en trainant des pieds sous le dur soleil d'après midi.

« grmblbm... me demande bien ce que je vais pouvoir faire moi... grmlblem...prendre ma barque et m'enfuir? Grmblm... idiot...grmlbml trouver de quoi nourrir Piou plutôt. Tu manges quoi toi ma belle?»

Aussitôt rentré dans sa petite pièce poussiéreuse qu'éclairaient seulement quelques raies de lumières qui filtraient à travers les volets de bois, le vieil homme chercha un endroit pour poser Piou. Finalement, après moult hésitations, il la fit s'accrocher tant bien que mal sur une chaise, nouant le filin qui était attaché à sa patte au dossier. Il plongea ensuite dans son coffre à condiments.

« Des carottes? »

Il regarda la perruche.

« Non, tu as raison, les carottes c'est pour les lapins. Mmm... du vieux pain sec, ça ira je pense. Il te faudrait des graines, mais des graines de quoi? Bon. »

Il lui jeta encore un coup d'oeil.

« Ca t'ira du pain jusqu'à ce que je trouve mieux?

- ...

- ça roule! »

Gaby entreprit de prendre quelques affaires et de mettre sa cabane au propre. Il faillit oublier Piou sur le dossier de sa chaise, mais il se reprit et fit demi-tour à toute vitesse en s'injuriant.

Lorsqu'enfin il arriva devant la Sardine, c'était la fin de l'après midi. Le boutre était de taille tout à fait modeste, un simple navire de transport de marchandise qui ramenait vers les grands ports de Lynellis les cargaisons plus ou moins illicites ramenées des îles Ocres et Pourpres. La petite ville d'Escale portait bien son nom : elle était le lieu anodin de passage et d'écoulement des marchandises pirates, comme tant d'autres villages des environs. En effet, la disposition des lieux était propice au trafic : Escale était un village de presqu'île qui recevait discrètement du côté océan les marchandises pirates dont les navires mouillaient dans les criques, et qui possédait un petit port du côté de l'immense Baie Dorée. Les marchands honnêtes venaient du côté de la baie monnayer les produits exotiques que les revendeurs de la petite ville achetaient aux pirates. La Baie dorée était ainsi enserrée par deux presqu'îles, comme un nouveau-né l'était des bras de sa mère.

La royauté était bien au courant de ce commerce illégal, c'est pourquoi les ports des presqu'îles ne devaient tout d'abord présenter de structure maritime que du côté de la baie. De plus, ces villages recevaient régulièrement les navires et les troupes régulières qui inspectaient les entrepôts et se gardaient le droit de saisir toute marchandise illicite qui allait ensuite directement au Trésor royal. Les revendeurs avaient depuis longtemps trouvé des parades, mais les quelques uns qui se faisaient prendre encourraient des peines d'emprisonnement ou de travaux forcés, voire même de service dans les galères. La seule issue possible de ces galériens était d'être pris en chasse par les pirates lors des sorties en pleine mer et de rejoindre leurs rangs.

Gaby eut juste le temps de déposer ses affaires dans la cabine qu'il partagerait avec Aryus avant de faire un tour sur le pont avec son vieux compagnon. Il regarda d'un oeil critique les marins qui s'affairaient à entreposer les marchandises dans la cale.

« Ils sont pas bien efficaces, ces gars-là. Je vois plus grand chose de l'oeil droit, mais ça sent le matelot de seconde main. Et le pont ne brille pas comme il devrait. Où est le capitaine, que je lui en touche un mot? »

Aryus s'arrêta et s'accouda au bastingage, contemplant les marins au travail.

« Tu n'es plus sur ton navire, mon vieux. Laisse le capitaine tranquille, on le rencontrera bien assez tôt.

- T'es p'têt venu me chercher par la main, mais j'ai pas d'ordres à recevoir de toi. Le vieux pirate s'accouda aussi, regardant l'eau calme de la Baie. Explique moi donc enfin ce que je dois faire. »

jeudi 4 juin 2009

L'Abbaye d'Ashaya...



L'Abbaye d'Ashaya. Il s'en souvenait, bien évidemment. Mais il avait cherché le moins possible à se tenir au courant de ce lieu maudit. Cette immense forteresse perchée sur un rocher à peine plus grand qu'elle et qu'il avait défendu pendant de très nombreuses années de sa vie. Il était dit que la quasi-totalité des connaissances humaines étaient jalousement gardées dans ce monument dédié à la Déesse Ashaya.
En tant que capitaine pour le Royaume de Lynellis, il avait été de son devoir, pendant près de 20 ans, de défendre coûte que coûte l'Abbaye, subissant les attaques répétées des voisins du Royaume, convoitant l'immense savoir qu'elle recelait. Le Royaume était parvenu à conquérir toutes les eaux qui entouraient l'Ile d'Ashaya, empêchant toute flotte de l'atteindre, à peu près au moment où il avait quitté le service du Royaume et où il s'était engagé sur la voie de l'illégalité en devenant pirate, loin à l'Est du Royaume, dans les Iles Ocres. La voie sérieuse d'Aryus le fit sortir de ses songes :
"Alors, Gaby, prêt à reprendre du service pour le Roi ?
- Tu sais, Ary', j'ai enfin réussi à trouver un petit métier honnête ici, ma vie est tracée, pourquoi j'voudrais retourner dans ce foutoir ? Et puis, ça fait bien 15 ans que l'île est calme. Ce tyran de Gorme a réussi à écraser tous ennemis, nan ?
- Pas tout à fait, il faut croire ... Le moine-garde de l'abbaye a été retrouvé assassiné, y'a un mois de ça, répondit Aryus, son second de l'époque, alors qu'il était Capitaine sur le Flot Brisé, un des meilleurs vaisseaux de la flotte royale.
- Quoi ? Ils ont mis qu'un gars là-bas ? Le roi Gorme est dev'nu fou ?
- Avec la guerre en cours contre la Confédération Zalhut, il a été obligé de trouver des troupes un peu partout, et l'Abbaye n'était plus une zone à risque. Enfin, tout du moins, c'est ce qu'on croyait...
- Si j'ramène ma vieille carcasse au pays, je serai pendu haut et court avant même que ma p'tite perruche puisse dire "bonjour". J'ai été un pirate trop de temps pour que le vieux Gorme me pardonne.
- A vrai dire, il est près à tout effacer si tu nous rejoins. Sinon... dit Aryus d'un ton gêné en baissant les yeux.
- Sinon quoi Aryus ? Crache le morceau ou j'te le fais cracher, j'le jure au nom de tous les putains de Chez Madame Binks, cria presque le vieux Gaby, d'une voix profonde qui fit se retourner de nombreux clients de la taverne.
- Il y a quatre hommes portant le tabard royal qui t'attendent à l'extérieur. Je t'en conjure, rejoins-nous de la manière douce et tu n'auras pas d'ennuis, tu as ma parole.
- Ta parole n'a plus aucune valeur depuis qu'tu m'as tendu c'piège. Je suppose que j'n'ai pas l'choix ?
- Pas vraiment, mon vieil ami..."
Alors que Gaby et Aryus s'apprêtaient à partir de la taverne, Piou les rejoignit en courant et dépassa Gaby pour venir se mettre entre lui et la porte. Le vieux pirate ne put s'empêcher de lui rendre son sourire radieux et de lui frotter la tête afin d'ébouriffer ses cheveux un peu plus qu'ils ne l'étaient déjà. Puis elle prit un air beaucoup trop sérieux pour son jeune âge et lui demanda, des trémolos dans la voix :
"Dis, tu reviens bientôt, hein ?
- T'inquiètes, petiote, j'ai plus qu'une p'tite affaire à régler et j'viens passer mes vieux jours ici et tu devras me supporter longtemps.
- Hey, pour ton perroquet ...
- C't' une perruche, répondit le vieil homme avec un sourire en coin.
- Ouai, c'est pareil. Je pensais que tu pourrais l'appeler Piou ? Comme ça tu penseras un peu à moi où que tu sois !"
Sans lui laisser le temps de répondre, elle se jeta contre lui, et le serra contre elle de toute la force de ses bras malingres, ce qui le fit presque basculer, mais il s'agrippa de sa main droite sur le comptoir afin de ne pas chuter. Gêné par une telle démonstration d'affection, il la repoussa gentiment, lui lança un dernier sourire, puis sorti de la taverne assez rapidement, pour que personne ne puisse voir la petite larme qui était venu couler le long de sa joue, glissant le long d'une de ses nombreuses rides, comme un fleuve le long de son lit.

"Hey ! Laisse moi...



« Hey ! Laisse moi le prendre ! » lança la fillette d'un air outré, les mains sur les hanches dans une position involontairement suggestive, comme elle voyait souvent faire Elina avec les hommes trop entreprenants. Le vieux fit un bon de coté. Avec le temps sa cataracte se faisait plus prononcé et il n'y voyait plus aussi bien, la petiote l'avais surpris.

« Hé bien Piou ! C'est comme ça que t'accueille un vieux loup de mer comme moi ? Va plutôt m'chercher une pinte ma canaille et j'verais bien ce que je peux faire... »

Il salut la Elina -qui faisait ses affaires au comptoir- d'un signe de la tête avant de passer le perron de la taverne. Sur ce, il prit son air important et se dirigea d'un pas chaloupé vers sa table habituelle en exhibant fièrement la bestiole aux yeux des autres clients qui le saluaient d'un hochement de tête appréciateur, d'un simple grognement ou d'un sifflement admiratif. C'est qu'elle était belle pour le prix qu'elle lui avait coûté. Il avait négocié ardu et le gamin avait tenu tête mais il ne regrettait pas ses deux Etrilles. Ça remonterait son prestige à coup sûr d'avoir l'oiseau perché sur l'épaule et c'était pas un mal. Pas qu'il ai besoin de faire son prétentieux, mais à son age, s'il voulait continuer à jouir de la vie sans qu'on commence à lui manquer de respect il fallait qu'il tienne son rang.

« Ça fait 50 Piestres » annonça crânement la gamine en glissant la chope devant lui. Elle empocha les pièces de cuivre et attaqua d'emblée en désignant l'oiseau « Comment il s'appelle ? ».

Elle avait beau être intenable, la petite n'en était pas moins adorable et elle savait s'y prendre pour le le charmer. Il la laissa toucher du bout de ses petits doigts fins l'animal perché sur son épaule. Piou se tenait en équilibre sur la pointe des pieds, une main en appui sur la table, l'autre caressant les plumes soyeuses. Elle était mignonne avec ses cheveux encore blonds de l'enfance, son regard enchanté et pas encore complètement désabusé. Un peu de fraicheur dans ce monde rude. Avec un soupir plus ému que agacé, le vieil homme se pencha en avant pour qu'elle prenne l'oiseau coloré dans ses mains en coupe. Charmante, c'était le mot.

« Que dirais tu de l'appeler... » Il n'eut pas le temps d'achever sa phrase qu'un rustre matelot dans la force de l'age le alpaguait.

« Salutation vieux compère !

- Aryus, mon gars !

- Alors, comme ça y parait que t'as laissé la mer derrière toi ? Tu t'es lancé dans les affaires ?

- C'est que les vieux os finissent par rouiller à trop fricoter avec l'eau... Hey minotte, fais ta besogne et rend moi l'oiseau ajouta-il à la fillette d'un ton bourru, mon compagnon à soif. Et toi ? Qu'est ce qui t'amène ici ?

- Belle bête que t'as là, t'as pas changé depuis... L'homme hocha la tête d'un air entendu. Une longue histoire.. il jeta un coup d'œil alentours et baissa la voix. T'as entendu parler de l'abbaye d'Ashaya ces temps ci ? Son regard s'était durcit et d'un air éloquent qui fit frissonner le vieil homme il ajouta : y aurait de nouveau du grabuge là bas. On m'envoie te chercher. »

mardi 2 juin 2009

Un crachas translucide...



Un crachas translucide vint s'écraser sur les planches du ponton avant de glisser lentement dans l'interstice qui séparait deux d'entre elles. On entendit un « plouf » discret quand le projectile plongea dans les eaux du port.
L'homme jeta un regard noir à son interlocuteur en s'essuyant la barbe.
« Tu me prends pour qui, vieux machin? Pour la comtesse de Ruges? Lança-t-il en postillonnant tout autant de salive que ce que contenait le crachas sus-cité.
- Tu t'es vu, vieux débris? J'ai capturé cet oiseau dans les lointaines îles Vertes, au delà du Ponant! Il vaut son pesant d'or ! Je t'en réclame deux malheureuses Etrilles et tu me fais une scène ! »
Le barbu jaugea le jeune marin du regard.
« C'est louche que tu ne me le fasses qu'à deux Etrilles alors ! Il est malade ton bestiau?
- C'est juste que je cherche à m'en débarasser, c'est qu'il faut s'en occuper et qu'en pleine mer c'pas évident.
- Une Etrille et je t'en débarasse volontiers.
- Hors de question. Laisse, le vieux, je trouverais quelqu'un d'autre qui me remerciera de lui offrir ce superbe oiseau à ce prix ! »
C'était vrai que l'animal était superbe. Fin, élégant, au duvet pour moitié d'un blanc de neige et pour autre moitié d'un bleu de ciel sans nuage. De fines ondulations brunes ornaient sa tête comme s'il était mille fois couronné et deux ocelles d'un bleu profond semblaient luir sous sa gorge comme autant de joyaux.
« Hum. Deux Etrilles pour un oiseau aussi petit ça ne suffit pas. C'est un cousin de l'Ara?
- Eh, papy débloque pas, c'est un oiseau, pas un rongeur. »
Le vieux resta un instant silencieux, se demandant pourquoi diable ce jeunot ramenait une histoire de rongeur sur la table. Il pensa aussi à lui envoyer son poing dans la gueule, mais cela risquait d'endommager l'oiseau.
« C'est un mâle ou une femelle?
- On s'en fout grand-père ! C'est un oiseau ! Il sait chanter, il sait parler, c'est déjà largement suffisant !
- Il sait parler?
- Ouais, enfin, il dit que quelques mots quoi. Le temps qu'il apprenne la langue...
- Ouais, c'est jamais simple.
- Deux Etrilles?
- Allez, va pour deux Etrilles, t'as gagné. »
Et c'est pas peu fier que le vieil homme à la barbe grise s'en fut vers le tripot le plus proche pour exhiber son animal. Le marin lui avait cédé quelques noix qui semblaient plaire à l'oiseau, et d'un air bourru mais attendri, l'homme éplucha la noix étrangement tendre en murmurant « Essaie de dire bonjour au moins. »

lundi 1 juin 2009

Prologue




Le moine d'Ashaya, grande Déesse de l'Harmonie, marchait d'un pas pressé dans les couloirs sombres et froids de l'abbaye, courant presque alors qu'il atteignait son objectif : la Salle des Miroirs. Le petit homme, à l'embonpoint et à la calvitie prononcés, portait de gros ouvrages sous le bras et suait abondamment du visage après un effort qui était très inhabituel chez cet individu dont les préoccupations étaient bien plus spirituelles que sportives.
La raison de cet empressement était bien sombre et le religieux se devait de communiquer l'information au Grand Prêtre d'Ashaya (l'entité religieuse la plus puissante de tout le Royaume) dans les plus brefs délais. En tant qu'archiviste, sa vie n'était ponctuée que par l'arrivée de très nombreux ouvrages, qui, d'ordinaire, suffisaient habituellement à combler sa curiosité.
Mais ce qui s'était produit lors de l'heure passée était probablement l'événement le plus important de toute son existence : il venait de vivre sa Révélation. Chaque homme de foi dévoué à la Déesse Supérieure vivait ce moment une unique fois et cela représentait pour la plupart l'accomplissement de toute une vie de prières et de dévouement. Durant cet épisode, le religieux percevait une partie du monde de façon totalement claire, la Vérité la plus pure, telle que pouvait la voir les Dieux. Chez la plupart, cela représentait peu de choses car la Révélation ne dévoilait qu'une petite partie de l'Univers, et cela n'avait un intérêt que théologique ou bien scientifique. Mais pour d'autres, cela pouvait toucher le destin de milliers d'Hommes et autres créatures pensantes.
Le moine en question, plutôt jeune, ne s'attendait pas à cet événement avant plusieurs années, cependant, alors qu'il étudiait des inscriptions écrites dans une langue ancienne et totalement inconnue, d'un ouvrage trouvé depuis peu dans des ruines à côté de la capitale, le religieux avait eu cet instant de clairvoyance total et ,pendant ce court moment, avait été capable de lire une unique phrase des inscriptions en question. Une phrase d'une importance capitale car énoncée par le légendaire Prophète Aryumanto, avatar de la Déesse elle-même, et cette prophétie disait :


"Au troisième jour suivant le solstice d'été de l'an 437, le Camp du Chaos prendra forme sur le monde de Gaïala, qui aura pour conséquence de le plonger dans une terrible débâcle. Trois individus dans tout le Monde auront le pouvoir de le stopper. L'avenir de Gaïala dépend d'eux, ainsi que des choix qu'ils feront..."


Le moine, resté dans un état de paralysie pendant plusieurs minutes, avait alors compris que le temps leur était compté. Dans un an, jour pour jour, le monde tel qu'ils le connaissaient tomberait dans le chaos et il était de son devoir d'avertir ses Supérieurs.
C'est avec des idées qui se bousculaient dans son crâne que le moine perçut enfin la porte de la Salle des Miroirs (salle qui permettait de communiquer avec n'importe quel temple de tout le Royaume) et, alors qu'il s'apprêtait à tourner la poignée de la porte en question, il se sentit projeté vers l'avant avec violence. Une fois qu'il se fut stabilisé en s'appuyant contre la porte, il regarda vers le bas et vit un carreau d'arbalète qui saillait de sa poitrine puis s'effondra lourdement contre le sol froid du couloir, heurtant violemment les pierres polies par de nombreux passages. Une ombre se glissa au dessus de l'homme agonisant, préleva ses notes et s'en alla non sans vérifier que le moine ne pourrait se sortir de sa blessure.
La dernière pensée du religieux alla à sa Déesse et pria une dernière fois alors que le monde courait probablement son plus grave danger depuis sa création.

Au commencement il y avait...



[*********@hotmail.com a rejoint la conférence]
[Conversation privée changée en conférence avec *******@hotmail.fr, ********@hotmail.com]

[06/01/09 15:50:30 ] Ellis Lynen : les grands esprits se rencontrent...
[06/01/09 15:50:38 ] Lau ... : Hooo c'est possible de faire ça !
[06/01/09 15:50:42 ] Ellis Lynen : :|
[06/01/09 15:50:48 ] Ellis Lynen: et tu dis que t'as été geek?
[06/01/09 15:50:51 ] Ellis Lynen : menteur !
[06/01/09 15:51:03 ] Lau ... : (hey ho je suis sous mac maintenant, tout change !)
[06/01/09 15:51:13 ] Melmelboo : plo !
[06/01/09 15:51:25 ] Lau ... : ça veut dire bonjour ?
[06/01/09 15:51:40 ] Ellis Lynen : sous maaac !
[06/01/09 15:51:45 ] Ellis Lynen : mais fallait aller sous Linux !
[06/01/09 15:51:50 ] Melmelboo : Il manque un p xD
[06/01/09 15:51:53 ] Melmelboo : Mais oui ^^
[06/01/09 15:52:15 ] Ellis Lynen : sous Linux tu peux tout avoir comme sous mac sauf que ça coûte rien (a)
[06/01/09 15:52:19 ] Lau ... : Tsss Steve Jobs est un dieu
[06/01/09 15:52:20 ] Ellis Lynen : (oups ça fait un peu pub nan?)
[06/01/09 15:52:31 ] Lau... : Bref !
[06/01/09 15:52:43 ] Lau... : Il fait beau à T****** ? :)
[06/01/09 15:52:47 ] Melmelboo : (lol ouai)
[06/01/09 15:52:51 ] Melmelboo : Très beau !
[06/01/09 15:52:58 ] Melmelboo : Grand soleil, petite brise :d
[06/01/09 15:53:02 ] Ellis Lynen : --je vous laisse commencer les platitudes--
[06/01/09 15:53:10 ] Melmelboo : Jalouse >_<
[06/01/09 15:53:16 ] Ellis Lynen : :-°
[06/01/09 15:53:36 ] Ellis Lynen : non mais ça tombe bien, j'ai mes fraises au frigo et c'est presque l'heure du gouter :)
[06/01/09 15:53:39 ] Melmelboo : Bon, Lau je suis désolée, je n'ai pas vu ta demande de contact, je ne la voie toujours pas ^^
[06/01/09 15:53:44 ] Melmelboo : Rien contre toi sinon !
[06/01/09 15:54:01 ] Lau ... : Attend c'est peut être Ellis qui s'est plantée !
[06/01/09 15:54:08 ] Lau ... : ?
[06/01/09 15:54:16 ] Lau ... : en donnant l'adresse ?
[06/01/09 15:54:38 ] Lau... : Ha bah non
[06/01/09 15:54:41 ] Lau... : Mea Culpa
[06/01/09 15:54:44 ] Melmelboo : Ok je viens de t'ajouter ^^
[06/01/09 15:54:55 ] Ellis Lynen : atta, je cherche le smiley d'occasion pour ce manque de confiance flagrant
[06/01/09 15:55:06 ] Ellis Lynen : :@
[06/01/09 15:55:22 ] Lau... : Mdr
[06/01/09 15:55:29 ] Lau ... : Susceptible Ellis, peut être ?
[06/01/09 15:55:35 ] Ellis Lynen : moi? (a)
[06/01/09 15:55:56 ] Melmelboo : Oh que oui xD
[06/01/09 15:56:05 ] Lau ... : C'est trop top !
[06/01/09 15:56:14 ] Lau ... : Je vais pouvoir jouer sur ça !
[06/01/09 15:56:18 ] Melmelboo : Lol
[06/01/09 15:56:30 ] Ellis Lynen: -_-
[06/01/09 15:56:36 ] Ellis Lynen: tu joues à rien du tout !
[06/01/09 15:56:48 ] Lau... : Qu'on soit clair, c'est toi la "Mel" merveilleuse, sauveuse du monde dont Ellis a fait l'éloge ?
[06/01/09 15:56:56 ] Ellis Lynen : bon euuuh
[06/01/09 15:57:07 ] Lau ... : ben quoi, j'me renseigne !
[06/01/09 15:57:20 ] Ellis Lynen : ça tourne gnan gnan aussi à cause de toi :'(
[06/01/09 15:57:37 ] Ellis Lynen: (elle te répond pas tout de suite car elle est en t
[06/01/09 15:57:38 ] Ellis Lynen : atta
[06/01/09 15:58:00 ] Melmelboo : Hum.. je crois oui
[06/01/09 15:58:12 ] Melmelboo : En fait j'en suis sure (h)
[06/01/09 15:58:22 ] Melmelboo : Pas évident à assumer comme image hein :s
[06/01/09 15:58:45 ] Lau ... : J'sais pas je suis pas merveilleux !
[06/01/09 15:58:53 ] Melmelboo : Mdrrrr
[06/01/09 15:59:13 ] Ellis Lynen : :(
[06/01/09 15:59:18 ] Ellis Lynen : ça tourne au foutage de gueule !
[06/01/09 15:59:21 ] Ellis Lynen : carrément !
[06/01/09 15:59:25 ] Lau ... : Mais non trop pas !
[06/01/09 15:59:26 ] Melmelboo : lol
[06/01/09 15:59:32 ] Melmelboo : Un peu ok (a)
[06/01/09 15:59:34 ] Lau... : Je trouve ça super, au contraire
[06/01/09 15:59:36 ] Ellis Lynen : vé vous laisser me descendre, moi je mange mes fraises à la crème fouettée !
[06/01/09 15:59:40 ] Ellis Lynen : na !
[06/01/09 15:59:46 ] Melmelboo : Je vais chercher un abricot :p
[06/01/09 16:00:09 ] Ellis Lynen : voilà, t'es le seul à rien avoir Lau
[06/01/09 16:00:15 ] Ellis Lynen : ça t'apprendra les bonnes manières
[06/01/09 16:00:33 ] Ellis Lynen : (quand je pense que j'avais ouvert le fichier texte de mon cours pour bosser :|)
[06/01/09 16:00:36 ] Ellis Lynen : :| )
[06/01/09 16:00:49 ] Lau ... : Moi je mange une banane
[06/01/09 16:00:56 ] Lau ... : Vive le gang des bouffeurs de fruits
[06/01/09 16:01:06 ] Lau ... : Dis Ellis Lynen, c'était quoi le but de cette convers' croisée ?
[06/01/09 16:01:18 ] Ellis Lynen : c'est Melmelboo qui a demandé
[06/01/09 16:01:34 ] Ellis Lynen : pis marre de faire l'intermédiaire pour que vous puissiez vous entre rajouter dans vos contacts
[06/01/09 16:01:34 ] Melmelboo : Nan !
[06/01/09 16:01:45 ] Ellis Lynen : regardez, grâce à moi le problème est résolu !
[06/01/09 16:01:51 ] Ellis Lynen : ttt arrête de mentir Mel
[06/01/09 16:01:56 ] Melmelboo : [15:47:07] Ellis Lynen dit:
Lau veut faire une histoire cadavre exquis
[15:47:12] Ellis Lynen dit:
où chacun rajoute un petit bout
[15:47:22] Ellis Lynen dit:
ça te tente? :D (<= sourire engageant)
[06/01/09 16:02:05 ] Ellis Lynen : [15:49:36] Melmelboo dit:
Tu m'invites dans une conversation alors ?
[06/01/09 16:02:10 ] Ellis Lynen : aaaah
[06/01/09 16:02:18 ] Ellis Lynen : bah Lau va t'expliquer :D
[06/01/09 16:02:27 ] Melmelboo : Lol
[06/01/09 16:02:42 ] Melmelboo : Bon, de toute manière ça m'enchante d'être là ^^
[06/01/09 16:02:52 ] Lau ... : Rien que ça !
[06/01/09 16:02:54 ] Ellis Lynen : ( :-° faux-cul :-°)
[06/01/09 16:03:03 ] Lau ... : Mais sinon l'histoire du cadavre exquis, c'est au long terme !
[06/01/09 16:03:12 ] Lau... : PAs ds une convers' MSN
[06/01/09 16:03:17 ] Lau ... : (oula)
[06/01/09 16:03:34 ] Ellis Lynen : (non t'inquiète, je parle régulièrement le boulet)
[06/01/09 16:03:37 ] Melmelboo : Ah bon ? Alors comment ?
[06/01/09 16:04:27 ] Lau ... : (Hey ho, qu'insinues tu Ellis ?)
[06/01/09 16:04:42 ] Lau ... : Ben Ellis t'a pas expliqué ?
[06/01/09 16:04:48 ] Ellis Lynen : j'ai pas été très loin
[06/01/09 16:04:54 ] Ellis Lynen : et tu expliques si bien...
[06/01/09 16:04:55 ] Ellis Lynen : (a)
[06/01/09 16:05:05 ] Melmelboo : .Non
[06/01/09 16:05:06 ] Lau ... : (hum hum, faux-cul!)
[06/01/09 16:05:16 ] Melmelboo : J'ai imaginé la même chose que ce qu'on faisait au lycée
[06/01/09 16:05:19 ] Melmelboo : Mais apparement non ^^
[06/01/09 16:05:31 ] Lau ... : Le principe est le même
[06/01/09 16:05:44 ] Lau ... : Mais c'est quelque chose à plus grande échelle
[06/01/09 16:05:50 ] Melmelboo : C'est à dire ?
[06/01/09 16:05:56 ] Lau ... : (presque plus de batterie, ça va couper :s)
[06/01/09 16:06:18 ] Lau ... : Ben tu écris le début d'une histoire (plus que quelques lignes) et tu fais arriver une péripétie
[06/01/09 16:06:45 ] Melmelboo : Ah ok c'est plutôt en terme de paragraphes ou de chapitres donc ?
[06/01/09 16:06:51 ] Lau ... : Le talent du deuxième écrivain est d'intégrer la péripétie au sein d l'histoire et d'en faire quelque chose de cohérent
[06/01/09 16:06:52 ] Lau ... : Ouaip'
[06/01/09 16:06:57 ] Lau ... : (plutot paragraphe)
[06/01/09 16:07:04 ] Melmelboo : Ok
[06/01/09 16:07:10 ] Lau ... : Ca t'botte ?
[06/01/09 16:07:14 ] Lau ... : :s
[06/01/09 16:07:19 ] Melmelboo : Carrement ^^
[06/01/09 16:07:35 ] Melmelboo : Mais je ne promet rien de grandiose hein :-°
[06/01/09 16:07:43 ] Ellis Lynen : et pour les dialogues, on fait comment?
[06/01/09 16:07:46 ] Melmelboo : Histoire de ne pas trop décevoir ^^
[06/01/09 16:07:50 ] Ellis Lynen : on a le droit de couper au milieu d'un dialogue?
[06/01/09 16:07:57 ] Ellis Lynen : (la fausse modeste XD)
[06/01/09 16:08:11 ] Lau ... : haha !
[06/01/09 16:08:18 ] Melmelboo : Comme on veut nan ?
[06/01/09 16:08:22 ] Lau ... : Limite ouais
[06/01/09 16:08:26 ] Lau ... : c'est encore plus chaud
[06/01/09 16:08:35 ] Ellis Lynen : encore plus drôle (6)
[06/01/09 16:08:39 ] Melmelboo : Oui :p
[06/01/09 16:08:51 ] Ellis Lynen : bon on marche tous les trois alors? :p
[06/01/09 16:08:57 ] Ellis Lynen : on fait ça où? sur ton blog Lau?
[06/01/09 16:09:02 ] Melmelboo : Et à quel rythme ?
[06/01/09 16:09:25 ] Lau ... : Sur mon blog ?
[06/01/09 16:09:42 ] Melmelboo : Comme vous voulez ^^
[06/01/09 16:09:54 ] Lau ... : Ca va vraiment couper je reviens avec mon cable !
[06/01/09 16:10:05 ] Ellis Lynen : (on t'as déjà dit que tu ressemblais à tintin lau?)

[...]

[06/01/09 16:22:06 ] Ellis Lynen : en fait j'ai aucune idée de ce qui serait le plus pratique
[06/01/09 16:22:09 ] Melmelboo : Mdrr
[06/01/09 16:22:09 ] Ellis Lynen : on a le choix
[06/01/09 16:22:20 ] Ellis Lynen : un blog, un forum, par mail
[06/01/09 16:22:28 ] Melmelboo : Pas mon blog en tout cas (a) Rien contre l'idée mais c'est pas dans le theme..
[06/01/09 16:22:43 ] Ellis Lynen : à vous de voir ce que vous êtes prêts à faire, mais grosse flemme pour ma part de créer un forum

[...]

[06/01/09 16:26:24 ] Lau ... : blog
[06/01/09 16:26:31 ] Lau ... : je peux en créer un autre sous le même pseudo
[06/01/09 16:26:34 ] Lau ... : avec blogger ?
[06/01/09 16:26:44 ] Lau ... : t'es en vacs Melmelboo ?

[... on a compris, Lau est le pro du hors sujet ...]

[06/01/09 16:32:23 ] Melmelboo : Ça marche ^^
[06/01/09 16:32:26 ] Lau ... : (ok pour vous deux ^^)
[06/01/09 16:32:33 ] Lau ... : je m'en charge
[06/01/09 16:33:04 ] Ellis Lynen : et c'est toi qui commences Lau :-°
[06/01/09 16:33:12 ] Ellis Lynen : et tu dois ramener un de tes potes à toi
[06/01/09 16:33:14 ] Ellis Lynen : pour équilibrer :D
[06/01/09 16:33:24 ] Ellis Lynen : (j'ai dit "un" pas "une" hein !)
[06/01/09 16:33:25 ] Melmelboo : Lol
[06/01/09 16:33:49 ] Melmelboo : J'dis rien, j'en pense pas moins Ellis xD
[06/01/09 16:33:58 ] Ellis Lynen : :-°
[06/01/09 16:34:18 ] Lau ... : C'est quoi le fond de votre pensée ^o) ?
[06/01/09 16:34:25 ] Ellis Lynen : :-°
[06/01/09 16:34:32 ] Melmelboo : :-#
[06/01/09 16:34:36 ] Ellis Lynen : t'as pas encore la compétence médium? :|
[06/01/09 16:34:47 ] Ellis Lynen : débutant !
[06/01/09 16:35:19 ] Ellis Lynen : j'ai le droit d'avoir un échantillon de photo pour t'aider à choisir le pote que tu invitera? :D
[06/01/09 16:35:28 ] Melmelboo : Mdrrr
[06/01/09 16:35:29 ] Lau ... : (juste pour l'URL une idée pour compléter cadavre-exquis ?)
[06/01/09 16:35:38 ] Ellis Lynen : mmm
[06/01/09 16:35:44 ] Lau ... : Hey c'est la nouvelle star ici ou quoi ?
[06/01/09 16:35:49 ] Lau ... : "Trois grands non"
[06/01/09 16:36:07 ] Ellis Lynen : ça passe pas "cadavres-exquis"?
[06/01/09 16:36:13 ] Ellis Lynen : -s
[06/01/09 16:36:21 ] Lau ... : (p'tain je pensais exactement à la mm chose!)
[06/01/09 16:36:33 ] Lau ... : mais non !
[06/01/09 16:36:36 ] Melmelboo : Les grands esprits..
[06/01/09 16:36:40 ] Ellis Lynen : t'as gagné un point en compétence médium
[06/01/09 16:36:40 ] Ellis Lynen : !

[...]

[06/01/09 16:41:47 ] Melmelboo : Les s ne passent pas ?
[06/01/09 16:41:56 ] Ellis Lynen : cadavre-nesquik?
[06/01/09 16:41:58 ] Lau ... : deux 's' à exquis maybe ?
[06/01/09 16:42:03 ] Lau ... : ouaiiiii
[06/01/09 16:42:06 ] Ellis Lynen : :D
[06/01/09 16:42:06 ] Lau ... : Lau aime

NdlR : L' OM !!!

[06/01/09 16:42:15 ] Ellis Lynen : ironie ironie ironie !
[06/01/09 16:42:17 ] Melmelboo : Oui j'aime aussi !
[06/01/09 16:42:20 ] Ellis Lynen : -_-
[06/01/09 16:42:37 ] Melmelboo : cadavre-nesquik
[06/01/09 16:42:56 ] Ellis Lynen : c'est vraiment bideux !
[06/01/09 16:43:03 ] Lau ... : on va se retrouver avec un procès aux fesses !
[06/01/09 16:43:08 ] Melmelboo : Lol
[06/01/09 16:43:09 ] Ellis Lynen : mdr
[06/01/09 16:44:31 ] Ellis Lynen : j'ai beau chercher, je vois pas autre chose :s
[06/01/09 16:44:47 ] Lau ... : c'est bon
[06/01/09 16:44:54 ] Lau ... : dites si vous avez reçu les invits

[...]

[06/01/09 16:51:15 ] Lau ... : juste : le thème de l'écriture ?
[06/01/09 16:51:56 ] Melmelboo : Tu veux choisir un thème ?
[06/01/09 16:52:40 ] Lau ... : Ben ... je voudrais juste savoir ce que tu lis en général
[06/01/09 16:52:43 ] Lau ... : à part Freud
[06/01/09 16:52:45 ] Lau ... : :)
[06/01/09 16:53:19 ] Melmelboo : Lol je n'ai lu que deux livres de Freud. J'aime beaucoup Robin Hobb, sinon je lis un peu de tout. Pas de SF.
[06/01/09 16:53:58 ] Melmelboo : En ce moment je suis dans des livres policiers d'auteurs russes, français et autres..
[06/01/09 16:54:02 ] Lau ... : Va pour l'heroic fantasy ?
[06/01/09 16:54:18 ] Melmelboo : oui !
[06/01/09 16:54:28 ] Melmelboo : Ellis aime ça, toi aussi, je vais me débrouiller :p
[06/01/09 16:55:23 ] Lau ... : ben si t'as lu robin Hobb
[06/01/09 16:55:29 ] Melmelboo : Oui ça ira :p
[06/01/09 16:55:53 ] Lau ... : Ellis, elle peut pas taper parce qu'elle mange des fraises ?

[...]

[06/01/09 17:05:07 ] Lau ... : c'est moi qui commence ?
[06/01/09 17:05:09 ] Ellis Lynen : pas de problème :p
[06/01/09 17:05:11 ] Ellis Lynen : oui ! :D
[06/01/09 17:05:17 ] Melmelboo : Oui, ensuite Ellis, ensuite moi.
[06/01/09 17:05:22 ] Lau ... : lol !
[06/01/09 17:05:32 ] Lau ... : Dis donc t'as le sens de l'autorité !
[06/01/09 17:05:38 ] Melmelboo : On se passe le relai tous les combien ?
[06/01/09 17:05:41 ] Melmelboo : Lol
[06/01/09 17:05:42 ] Ellis Lynen : elle a des enfants, ça aide :s
[06/01/09 17:05:47 ] Lau ... : :/ !
[06/01/09 17:05:49 ] Ellis Lynen : ouais, le rythme?
[06/01/09 17:05:53 ] Lau ... : euh
[06/01/09 17:06:00 ] Melmelboo : (J'ai pas d'enfant hein ^^)
[06/01/09 17:06:04 ] Ellis Lynen : ((a))
[06/01/09 17:06:06 ] Lau ... : ben moi chui en vacs donc je peux faire un tous les jours
[06/01/09 17:06:10 ] Ellis Lynen : (huhuhu je ricane)
[06/01/09 17:06:17 ] Lau ... : c'est malin Ellis !
[06/01/09 17:06:25 ] Lau ... : Tu me fais croire des trucs !
[06/01/09 17:06:25 ] Ellis Lynen : elle garde des gosses !
[06/01/09 17:06:29 ] Ellis Lynen : c'est presque pareil !

[... Ellis déborde un peu aussi...]

[06/01/09 17:08:19 ] Ellis Lynen : donc on dit un paragraphe par jour !
[06/01/09 17:08:29 ] Lau ... : oki
[06/01/09 17:08:31 ] Ellis Lynen : demain soir j'écris, Melmelboo mercredi et ainsi de suite
[06/01/09 17:08:31 ] Lau ... : oui oui
[06/01/09 17:08:37 ] Lau ... : ça marche
[06/01/09 17:08:42 ] Melmelboo : Ok
[06/01/09 17:08:43 ] Lau ... : jusqu'à ce qu'on intègre un nouveau
[06/01/09 17:08:50 ] Melmelboo : Dac
[06/01/09 17:08:58 ] Ellis Lynen : et on s'y tient ! et Lau nous paye un pot si on arrive à finir !

[...]

[06/01/09 17:10:27 ] Lau ... : Bon, étonnamment je dois y aller aussi !
[06/01/09 17:10:35 ] Melmelboo : Bonne soirée à vous
[06/01/09 17:10:54 ] Ellis Lynen : (h)
[06/01/09 17:11:02 ] Ellis Lynen : bonne soirée;)