Le moine d'Ashaya, grande Déesse de l'Harmonie, marchait d'un pas pressé dans les couloirs sombres et froids de l'abbaye, courant presque alors qu'il atteignait son objectif : la Salle des Miroirs. Le petit homme, à l'embonpoint et à la calvitie prononcés, portait de gros ouvrages sous le bras et suait abondamment du visage après un effort qui était très inhabituel chez cet individu dont les préoccupations étaient bien plus spirituelles que sportives.
La raison de cet empressement était bien sombre et le religieux se devait de communiquer l'information au Grand Prêtre d'Ashaya (l'entité religieuse la plus puissante de tout le Royaume) dans les plus brefs délais. En tant qu'archiviste, sa vie n'était ponctuée que par l'arrivée de très nombreux ouvrages, qui, d'ordinaire, suffisaient habituellement à combler sa curiosité.
Mais ce qui s'était produit lors de l'heure passée était probablement l'événement le plus important de toute son existence : il venait de vivre sa Révélation. Chaque homme de foi dévoué à la Déesse Supérieure vivait ce moment une unique fois et cela représentait pour la plupart l'accomplissement de toute une vie de prières et de dévouement. Durant cet épisode, le religieux percevait une partie du monde de façon totalement claire, la Vérité la plus pure, telle que pouvait la voir les Dieux. Chez la plupart, cela représentait peu de choses car la Révélation ne dévoilait qu'une petite partie de l'Univers, et cela n'avait un intérêt que théologique ou bien scientifique. Mais pour d'autres, cela pouvait toucher le destin de milliers d'Hommes et autres créatures pensantes.
Le moine en question, plutôt jeune, ne s'attendait pas à cet événement avant plusieurs années, cependant, alors qu'il étudiait des inscriptions écrites dans une langue ancienne et totalement inconnue, d'un ouvrage trouvé depuis peu dans des ruines à côté de la capitale, le religieux avait eu cet instant de clairvoyance total et ,pendant ce court moment, avait été capable de lire une unique phrase des inscriptions en question. Une phrase d'une importance capitale car énoncée par le légendaire Prophète Aryumanto, avatar de la Déesse elle-même, et cette prophétie disait :
"Au troisième jour suivant le solstice d'été de l'an 437, le Camp du Chaos prendra forme sur le monde de Gaïala, qui aura pour conséquence de le plonger dans une terrible débâcle. Trois individus dans tout le Monde auront le pouvoir de le stopper. L'avenir de Gaïala dépend d'eux, ainsi que des choix qu'ils feront..."
Le moine, resté dans un état de paralysie pendant plusieurs minutes, avait alors compris que le temps leur était compté. Dans un an, jour pour jour, le monde tel qu'ils le connaissaient tomberait dans le chaos et il était de son devoir d'avertir ses Supérieurs.
C'est avec des idées qui se bousculaient dans son crâne que le moine perçut enfin la porte de la Salle des Miroirs (salle qui permettait de communiquer avec n'importe quel temple de tout le Royaume) et, alors qu'il s'apprêtait à tourner la poignée de la porte en question, il se sentit projeté vers l'avant avec violence. Une fois qu'il se fut stabilisé en s'appuyant contre la porte, il regarda vers le bas et vit un carreau d'arbalète qui saillait de sa poitrine puis s'effondra lourdement contre le sol froid du couloir, heurtant violemment les pierres polies par de nombreux passages. Une ombre se glissa au dessus de l'homme agonisant, préleva ses notes et s'en alla non sans vérifier que le moine ne pourrait se sortir de sa blessure.
La dernière pensée du religieux alla à sa Déesse et pria une dernière fois alors que le monde courait probablement son plus grave danger depuis sa création.
En fait on peut critiquer violemment ce qu'on fait les autres ici dans les commentaires !
RépondreSupprimerhuhuhu
"ont" bien sûr!
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