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mercredi 17 juin 2009

L'homme hideux...



L'homme hideux les avait ainsi fait traverser les jardins nus à la lueur des deux lunes. Ils eurent tôt fait de passer deux grandes arches de granit qui semblaient signifier la fin des jardins et le début du palais. Cette délimitation semblait en réalité bien floue car le gazon coupé étrangement court continuait de sinuer entre les murs, et il ne semblait pas y avoir de carrelage ou de plancher à l'intérieur des bâtisses. Piou n'avait de cesse d'écarquiller les yeux. Que cela était étrange ! Les maisons ressemblaient à des hangars à bateaux, hauts de plafond et larges de corps, sans battants de porte ou de fenêtre, et à l'intérieur tout était noir, comme si personne ne vivait là.

Ils croisèrent pourtant deux ou trois individus se promenant au clair de lune qui étaient à la fois très semblables et très différents de l'homme qui se faisait appeler Gerbalt : leurs tenues allaient de la sobriété la plus totale à l'extravagance folle des cours les plus huppées. De même, il ne semblait pas exister de règles pour la torture de leurs visages; certains semblaient tout à fait normaux tandis que d'autres ne présentaient que des cratères en guise de face. Cela avait beau faire frissonner Piou et lui faire pousser de petites exclamations bien vite étouffées par sa main, elle n'en continuait pas moins d'avancer en silence, tenant dans son autre main la paume calleuse de Gaby qui se serrait compulsivement sur la sienne lorsqu'elle sursautait d'effroi.
Après ce qui lui sembla être une éternité, on les fit rentrer dans un de ces nombreux hangars à bateaux de granit. Dans une exclamation de ravissement qui lui fit porter les deux mains à sa bouche, elle ouvrit de grands yeux émerveillés en découvrant l'intérieur de la bicoque grise et terne.
Le batiment n'était qu'une seule et immense pièce, où pendaient du plafond des voiles vaporeux de toutes les nuances de vert possible qu'on puisse retrouver dans les frondaisons des arbres au printemps. Ca et là, sans règle aucune étaient disposés des coussins de soie et de larges matelas rembourrés de plume qu'éclairaient des bougies jaunes d'or de la hauteur d'un homme et larges comme des troncs. Le premier rang de voilages devait cacher d'autres bougies encore, dont on ne distinguait à travers que le halo doré qui faisait chanter par transparence les couleurs des tentures de mille teintes chatoyantes.

Gerbalt s'engagea dans la forêt de tissu, découvrant de sa main d'autres voilages et d'autres bougies qui encadraient des petits recoins garnis de coussins et d'une sorte d'appareil métallique coloré de tissu bleu vif qu'elle n'eut pas le temps d'examiner davantage, car la petite troupe avançait vite. Enfin, ils débouchèrent au milieu de la pièce dans un espace que les voilages dégageaient plus largement que les recoins entraperçus auparavant. Au milieu, sur un coussin de patchwork gigantesque qui semblait conter une histoire dont Piou ne pouvait voir que quelques personnages habillés de rouge, siégeait un homme habillé d'une longue robe de femme d'une maigreur cadavérique. Sa peau était blanche et presque translucide, car on apercevait le fin réseau bleu de ses veines sur ses avants bras nus et lisses. Il souriait gentiment, et ses yeux étaient tout blancs.
Piou avait désormais la bouche constamment ouverte. Elle serrait à deux mains la pogne de Gaby comme si cela seul était la garantie d'un retour imminent à la réalité. Elle suivit des yeux les lèvres épaisses de ce drôle de bonhomme qui s'animaient.

« Asseyez-vous, je vous en prie. »

Bizarrement, aucun d'entre eux ne se fit prier davantage. Même la drôle de dame que Gaby avait appelé la Reine Tyumpur ne semblait pas vouloir s'opposer à cet homme-endive. Piou se détourna un instant de la préoccupation immédiate de l'étrange lieu pour examiner cette femme. Etait-elle vraiment la reine? Elle ne ressemblait pas du tout à ce qu'elle imaginait. Ainsi, toute distraite qu'elle était, elle ne remarqua pas le départ discret de Gerbalt qui après un signe de tête entendu, s'était éclipsé dans les voilages.
Une fois confortablement assise dans un coussin rembourré, l'homme blanc se mit à murmurer sans prendre de respiration.
« Comme vous l'a dit Gerbalt vous voilà en mon royaume de l'île dorée tous ceux que vous verrez ici sont entièrement dévoués au culte de Kech'er qui aime la folie et la répand il n'existe pas de règle de vie particulière ici et nous ne vous forcerons à rien mis à part continuer de vivre comme bon vous semble il n'existe nul interdit nulle contrainte nulle morale en ce lieu. »
Il referma doucement sa bouche, comme s'il craignait qu'en était trop brusque le sens de ses paroles s'éteigne trop vite. Aucune partie de son corps n'avait bougé, si ce n'est ces lèvres pulpeuses qui attiraient toutes les attentions de la petite assemblée de Lynellien.
Piou regarda Gaby, apeurée. Ce dernier fixait l'homme d'un regard dur et froid, mais il ne fit pas mine de lancer le moindre regard à la petite qui était collée à lui. La bouche se rouvrit.
« Kech'er me parle parfois et me montre souvent et c'est vous trois qu'il a accepté de me décrire comme ses avatars de la liberté et du chaos sur Gaïala à chacun d'entre vous existe un opposé leur tâche est de réunir les peuples libres sous un même joug. »
Encore une fois, la bouche se ferma doucement. Piou avait sentit Gaby tressaillir pendant que l'homme-endive parlait, et elle avait crû bon de lui serrer fermement la main en retour comme lui-même l'avait fait pour elle peu de temps auparavant.
« Vous êtes les jouets de Kech'er alors qu'ils sont les jouets d'Ashaya et aucun d'entre vous ne peut survivre à l'autre six pions sont en jeu sur Gaïala et vous en êtes la moitié torturée vous ne ressentirez dès demain que la haine de la partie adverse comme eux la ressentent déjà envers vous Gerbalt vous guidera et vous enseignera ce qu'il est nécessaire de savoir pour porter fièrement les couleurs de Kech'er et faire honneur à l'île D'or. »

Piou commençait à s'endormir quand elle entendit : « C'est votre vie de chaos contre la leur d'ordre dormez maintenant »

3 commentaires:

  1. Dis moi, tu veux les emmener sur quelle voie nos chers petits personnages ?
    Et puis, j'ai pas tout compris aux paroles nébuleuses de ton maigrelet ! :'(

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  2. il suffit de remettre la ponctuation...!

    Comme vous l'a dit Gerbalt, vous voilà en mon royaume de l'île dorée. Tous ceux que vous verrez ici sont entièrement dévoués au culte de Kech'er, qui aime la folie et la répand. Il n'existe pas de règle de vie particulière ici et nous ne vous forcerons à rien, mis à part continuer de vivre comme bon vous semble. Il n'existe nul interdit, nulle contrainte, nulle morale en ce lieu.

    Kech'er me parle parfois et me montre souvent, et c'est vous trois qu'il a accepté de me décrire comme ses avatars de la liberté et du chaos sur Gaïala. A chacun d'entre vous existe un opposé; leur tâche est de réunir les peuples libres sous un même joug.

    Vous êtes les jouets de Kech'er alors qu'ils sont les jouets d'Ashaya, et aucun d'entre vous ne peut survivre à l'autre. Six pions sont en jeu sur Gaïala et vous en êtes la moitié torturée. Vous ne ressentirez dès demain que la haine de la partie adverse, comme eux la ressentent déjà envers vous. Gerbalt vous guidera et vous enseignera ce qu'il est nécessaire de savoir pour porter fièrement les couleurs de Kech'er et faire honneur à l'île D'or. »

    Je vais expliquer tout ça, mais ça casse un peu le jeu nan?
    Dans le Prologue, un moine d'Ashaya a eu sa Révélation sur le Mal et le Chaos qui se répandra sur Gaïala, sauf si 3 individus aux pouvoirs immenses s'y opposent.
    Pour moi, c'était l'appel d'Ashaya, une divinité de la sagesse et de la connaissance bien réelle, qui a fait un pari avec Kech'er, le Dieu du Chaos (à interpreter comme on veut hein, le chaos c'est aussi la liberté totale). Ashaya voulait alors lancer le "recrutement" de son équipe.

    De l'autre côté, les croyants de Kech'er font de même... SAUF que dans sa vision, l'homme endive a seulement vu le visage des 3 personnages que nous avons. Lui même a interprêté la vision de ces 3 visages comme étant celui des 3 élus de Kech'er, mais -et c'est là le petit truc fun de ce bordel- c'est qu'il s'est planté! Nos trois perso sont bel et bien les envoyés d'Ashaya, et si Kech'er a envoyé leur image à l'homme-endive, c'était pour faciliter la recherche par ses sbires pour les supprimer.

    Sauf que là tout de suite personne ne s'est encore rendu compte de ça; donc nos Lynelliens vont être "motivés" par les Doréens pour se lancer dans l'aventure alors qu'il n'existe pas de côté adverse -encore-. Ca laisse un temps dans les péripéties pour développer le groupe, les persos, les lieux.

    A partir de ça... il me semble que nous pouvons développer et expliquer à peu près tout ce qu'il s'est passé avant dans l'histoire (sauf le feu, désolée :-X).

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  3. Héhéhé, le bordel que tu me laisses !! =D Mais bien joué !

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