Elle n'avait pas la force de se relever. Elle était prostrée là, agenouillée au beau milieu d'un chemin perdu au sein d'une forêt gigantesque peuplée de créatures peu accueillantes. Elina savait tout ça, et pourtant elle ne pouvait se résigner à se relever. Elle redoutait cet acte simple, comme s'il allait le replonger dans la peur sourde qui grondait en elle.
Après de longues minutes, elle réussit enfin à gagner la clairière tant espérée, mue par la pensée de sa fille, qui lui avait insufflée une nouvelle vitalité. L'expérience qu'elle venait de subir la marquait encore. Elle s'étonnait d'ailleurs de l'importance qu'elle donnait à cet évenement. En effet, bien des clients ivres, ou juste violents, l'avaient malmené. Pour autant, elle ne s'était jamais sentie impuissante car elle pouvait toujours prévenir le tenancier de la taverne, contrairement au cas présent. Elle ne réalisait que maintenant le réel danger de sa mission sacrée.
Elle tenta d'oublier ces quelques événements en exécutant quelques tâches anodines, comme le remplissage des gourdes ou la recherche de baies comestibles. Mais elle ne pouvait s'empêcher de passer la main à son cou rougi à l'endroit où la chaîne du médaillon avait exercé une pression, lorsque ce bandit lui avait arraché son seul bien de valeur. Elle passa ainsi progressivement dans un état de colère froide, qui était très inhabituelle chez elle. Elle se força à prier Ashaya, et trouva une nouvelle source de calme dans ce geste de méditation.
Une fois qu'elle eut fini ses tâches, elle remarqua que le soleil atteindrait bientôt l'horizon et qu'elle ne trouverait probablement pas de meilleur endroit que cette clairière accueillante, à l'herbe épaisse. Elle décida donc de s'abriter au sein d'une petite grotte située à proximité, qui la cachait de tout voyageur potentiel et qui en plus lui fournirait un abri en cas de pluie.
Après s'être installée tant bien que mal dans cet abri réduit, elle chercha le sommeil, se retournant sans cesse afin de trouver la position la plus confortable. Cependant, chaque fois que le sommeil semblait la gagner, un bruit trop proche de la caverne la faisait sursauter et la mettait dans un état de vigilance accrue. Après de longues heures de veille, entrecoupées de phases de sommeil courtes, elle finit enfin par céder à la fatigue, tombant dans une profonde léthargie. Dans une dernière pensée, elle visualisa sa fille, et eut l'intime conviction qu'elle allait bien. Pour l'instant.
J'ai envie de continuer un peu. Mais j'ai mis ça au moins pour vous apaiser !
RépondreSupprimerJ'aime <3
RépondreSupprimerJe suis contente d'avoir pu lire ça avant de partir !
Gros bisous !